Améliorer les conditions de vie grâce à la gestion des forêts de pistachiers 

 
Le 27 avril 2010

Un projet de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) visant à promouvoir des techniques de gestion durable des ressources forestières offre un soutien aux cultivateurs de pistaches qui éprouvent des difficultés en Afghanistan.

Mohammad Amin (à gauche) et d’autres participants à l’atelier élaborent des cartes des forêts de pistachiers.

Les pistaches représentent une culture d’exportation essentielle en Afghanistan, mais les écosystèmes des forêts naturelles de pistaches sont gravement menacés en raison de la surexploitation forestière, du surpâturage et des techniques de récolte non durables.
 
En outre, le degré de sensibilisation des collectivités locales aux enjeux et problèmes concernant la réhabilitation des forêts et la surexploitation est insuffisant en raison du manque de coordination entre les autorités communautaires et gouvernementales concernant la gestion forestière.
 
Malgré la récente détérioration des forêts de pistachiers, les exportations annuelles de pistaches de l’Afghanistan se chiffraient à plus de 40 millions de dollars en 2008-2009. Ce chiffre représente une part significative du total des biens exportés. Les pistaches possèdent donc un grand potentiel en tant que moyen écologique d’aider les familles et collectivités vulnérables tout en donnant un nouvel essor à l’économie du pays.
 
Le projet de reboisement et de conservation de la biodiversité des forêts de pistachiers, mis en œuvre par l’UNOPS en coordination avec le gouvernement de l’Afghanistan, a établi un Comité de gestion des forêts de pistachiers afin de se pencher sur ces problèmes.

Le projet, qui est financé par USAID par l’entremise d’ECODIT, se concentre sur les districts de Sharek Yaar, deTaikhonak et de Rubatak dans la province du Samangan, et le district de Farkhar dans la province du Takhar.
Haji Mohammad Amin a six enfants et éprouvait des difficultés à nourrir sa famille jusqu’à ce qu’il devienne membre du Comité de gestion des forêts de pistachiers il y a trois ans.
 
Ce projet a radicalement changé sa vie. Grâce aux revenus supplémentaires, son fils aîné va maintenant au lycée en ville. Il espère pouvoir acheter bientôt du matériel scolaire à chacun de ses enfants.

Afin de renforcer les capacités locales de gestion des forêts, l’UNOPS a organisé un ensemble d’ateliers de formation à Samangan destinés à tous les membres du Comité - le shura, au personnel technique du Département provincial de l’Agriculture, de l’Irrigation et du Bétail ainsi qu’à l’Agence nationale de protection de l’environnement.

Haji Mohammad Amin, qui a participé activement à l’atelier, témoigne : « J’ai beaucoup apprécié cette formation parce que les méthodes d’enseignement que l’on m’a transmises sont interactives et les nouvelles connaissances très utiles. Avant, je ne pensais qu’aux fruits de ces forêts de pistachiers. Maintenant que j’ai suivi cette formation, je sais que ces forêts apportent beaucoup plus, comme un environnement propre par exemple. »

Il a également expliqué que si l’on abat les arbres des forêts, ces dernières n’apporteront que des bénéfices à court terme. Par contre, si l’on ne coupe pas leurs arbres, elles apporteront des fruits et d’autres bénéfices durant les 50 prochaines années, voire plus.

Au cours de la formation, les participants ont élaboré des cartes forestières délimitant les pâturages et prairies, les routes et les villages. Ces cartes ont également pour objectif de dresser un plan de pâturage afin d’éviter le surpâturage, qui constitue la cause de l’érosion des sols dans une grande partie des forêts. L’exercice s’est avéré exigeant puisque les participants ont dû étudier les besoins des propriétaires de bétail dans les villages et ceux des nomades Kuchi qui traversent ces forêts plusieurs mois de l’année.

Mohammad Amin a l’intention de transmettre aux autres villageois les connaissances environnementales qu’il a acquises grâce à la formation. Il a déclaré qu’à partir de maintenant, il utilisera du gaz ou du mazout au lieu du bois pour chauffer sa maison et pour cuisiner, et encouragera les autres à faire de même.

Ce projet permettra aux villageois de suivre d’autres formations sur les affaires et sur la récolte des noix et afin d’optimiser sa durabilité et ses conséquences. Des activités de sensibilisation à l’environnement sont également prévues pour les enfants des écoles locales.

 


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