PORT-AU-PRINCE – Des milliers d’Haïtiens ont bénéficié d’une formation sur la préparation aux catastrophes et la prévention du choléra et des centaines de travaux ont permis de réduire la souffrance des populations des camps et des quartiers de la ville.
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| Des pièces de théâtre au sein des camps de personnes déplacées ont permis de sensibiliser les Haïtiens à la prévention et au traitement du choléra ainsi qu’à la réduction des risques de catastrophes naturelles. Photo: UNOPS/Nathalie Angibeau |
Haïti a subi de nombreuses catastrophes naturelles, telles que des tremblements de terre, des inondations et des cyclones. Le pays compte actuellement plus d’un demi-million de personnes déplacées et un grand nombre de familles vulnérables.
Le choléra reste une préoccupation majeure pour la santé en Haïti, où le taux de choléra est le plus élevé au monde. Selon les plus récents rapports de l’ONU, la maladie a touché presque cinq pour cent de la population et tué plus de 6000 personnes depuis le début de l’épidémie. Cette dernière menace de s’aggraver à mesure qu’approche la seconde saison des pluies, qui entraîne sa propagation en raison des mauvaises conditions d’hygiène dans le pays et de la forte concentration de population dans les camps de secours.
Grâce au financement de l’Agence suédoise de coopération au développement international (ASDI), l’UNOPS met en œuvre un grand nombre d’activités visant à limiter les risques liés aux catastrophes naturelles dans tout le pays, telles que la prévention du choléra, des travaux de restauration de l’infrastructure, l’entretien de latrines et la distribution de trousses médicales. Des centaines de milliers d'Haïtiens ont bénéficié de ces actions.
Travaux d’atténuation
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| Des travaux d’atténuation des catastrophes au sien des camps de personnes déplacées permettent de renforcer la préparation aux catastrophes avant la saison des pluies. Photo: UNOPS/Marc Lee Steed |
Afin de limiter les risques géophysiques et climatiques, l’UNOPS a mis en œuvre des travaux d’infrastructure visant à atténuer les effets des catastrophes naturelles, tels que le nettoyage de canaux et la construction de murs de soutènement au sein de plus de 80 camps et quartiers de la capitale. Ces travaux ont permis de réduire le nombre de camps inondés.
Les travaux ont été réalisés à la suite de plus de 250 évaluations techniques des camps et quartiers à haut risque. Depuis le tremblement de terre, ce projet géré par l’UNOPS a permis d’engager plus de 10 000 personnes provenant des communautés vulnérables. Les équipes ont mis en place des systèmes de protection des rives autour des camps, construit des canaux de drainage fiables et réalisé un nettoyage en profondeur des canaux et des systèmes de drainage existants. Ces travaux, ainsi que d’autres, ont permis de limiter les pertes en vies humaines et la propagation du choléra durant la saison des pluies.
Mesures contre le choléra et activités théâtrales
Dans le cadre des activités de lutte contre le choléra financées par l’ASDI, une vaste campagne de sensibilisation et d'information a été organisée à Port-au-Prince et dans le département de Grand’Anse. Environ un millier de personnes, employés du Ministère haïtien de la Santé, bénévoles communautaires et membres de divers comités de représentation des camps, ont bénéficié de formations organisées autour de cette campagne. Cette démarche de sensibilisation aux problèmes liés au choléra, qui comprenait également des activités de porte-à-porte sur la prévention et les traitements ainsi que sur la réduction des risques, a été effectuée auprès de plus de 260 000 personnes.
Ce programme a eu recours à plusieurs approches afin de toucher le plus grand nombre de personnes possible dans les camps et dans la ville. Il garantissait notamment la formation d’éducateurs, la distribution de prospectus informatifs et des visites chez les particuliers.
Parmi les divers moyens de sensibilisation mis en œuvre, les pièces de théâtre se sont révélées particulièrement efficaces. Plus de 65 représentations axées autour des thèmes du choléra et de la réduction des risques liés aux catastrophes ont eu lieu au sein d’environ 25 camps, permettant d’informer les personnes déplacées sur les différentes manières de se préparer et de réagir en cas de catastrophe naturelle telle qu’un ouragan ou une inondation. Ces pièces ont également informé les spectateurs au sujet des symptômes et du traitement des maladies d’origine hydrique telles que le choléra afin d’éviter la stigmatisation des malades et d'encourager leur traitement.
Chaque représentation a rassemblé environ 100 à 125 personnes et communiqué, à travers des chansons, des spectacles musicaux et des pièces de théâtre, des messages clés concernant le comportement à adopter face aux catastrophes naturelles et au choléra. Les organisateurs ont veillé à ce que le public participe activement afin d’optimiser l’efficacité du message.
Les équipes de l’UNOPS chargées des activités d’information ont également formé les comités et les responsables des différents camps et quartiers de la ville en matière de techniques de réduction des risques à l’échelle communautaire. Ces équipes sont en contact étroit avec eux durant les alertes cycloniques afin de recueillir des informations fiables sur la situation au sein des camps.
Santé et hygiène
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| Distribution de poubelles dans les camps de personnes déplacées dans le cadre des activités de prévention du choléra. Photo: UNOPS/Nathalie Angibeau |
Dans le cadre de ce programme, l’UNOPS a également restauré et vidé près de 700 latrines utilisées par 40 000 personnes déplacées dans 52 camps.
En outre, 15 000 trousses de sels de réhydratation orale, 34 000 comprimés de purification de l’eau et près de 170 poubelles ont été distribués aux communautés visées au sein des camps et des quartiers vulnérables de la capitale afin de renforcer leur capacité en matière de préparation et de réduire les effets du choléra et des maladies d'origine hydrique.