Le développement alternatif change les vies au Pérou 

Le soutien des Nations Unies pour la production d’huile de palme au Pérou fournit des revenus durables aux agriculteurs, leur permet de rompre avec les trafics de stupéfiants et de retrouver une place dans la société.

« Aujourd’hui nous avons un nom et nous sommes respectés. Nous appartenons à quelque chose, nous faisons partie de notre pays », explique un mebre d'OLPASA

Jonas Chaugua-Sánchez, 64 ans, possède cinq hectares de palmiers à huile près de la communauté rurale de Shambillo, sur un plateau accidenté situé entre le versant oriental des Andes (connu sous le nom de Cordillère Azul) et la ville d’Aguaytía, capitale de la province de Padre Abad.

Il se tient sous un régime, un ensemble de fruits violets mûrs de 40 kilos qui pendent d’un palmier à huile de huit mètres de haut, et évoque calmement son passé illégal. 

« Avant, vivre de la cocaïne était très difficile et dangereux. Je remercie les Nations Unies de m’avoir donné la chance de m’en sortir». M. Chaugua-Sánchez a bravé les menaces des narcotrafiquants, abandonné ses plantations illégales de coca, et rejoint une coopérative de production d’huile de palme promue par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l’UNOPS.

M. Chaugua-Sánchez lors de la cueillette d’un régime de palmier à huile.

 Dans la « guerre contre la drogue », souvent considérée une l’impasse, M. Chaugua-Sánchez et des centaines d’autres comme lui sont la preuve que des parties du Pérou se battent avec succès contre la production illégale de la coca.

Avec la participation du Gouvernement, les projets de Développement Alternatifs de l’ONUDC et de l’UNOPS ont étudié les aspects socio-économiques de la culture de la coca dans les domaines du projet où le niveau de pauvreté est élevé. Les résultats de ces études ont révélé que la plupart des cultivateurs de coca étaient désireux de produire des récoltes durables et légales. Mais ils ne pensaient pas pouvoir subvenir à leurs besoins en produisant des récoltes qui ne pourraient pas accéder aux marchés principaux, depuis leurs régions isolées.

Ces petits cultivateurs, prêts à tout pour nourrir leurs enfants, ont ainsi considéré la culture de la coca comme leur dernier recours. Ils ont choisi cette culture, même si celle-ci nécessite de longues journées de travail manuel éreintant qui endommage les terres et oblige les familles impliquées dans la production de coca à migrer tous les quatre ans.

Pris entre les acheteurs de drogues et les fonctionnaires d’Etat chargés de la destruction des plantations de coca, ils vivent dans l’ombre en tant que parias terrorisés qui évitent les autorités, et qui manquent d’accès aux services de base de la communauté, comme l’accès aux écoles locales pour leurs enfants. La culture illicite de la coca a rendu la vie de ces agriculteurs aussi stérile que les sols.

 Afin de résoudre ce problème, la coopération entre l’ONUDC et l’UNOPS pour le développement alternatif a permis de lancer en 1991 un projet innovant – « Desarrollo Rural en Tingo María » - pour promouvoir la production d’huile de palme dans la communauté de Neshuya, à 100 kilomètres au nord-est d’Aguaytía.

Pépinière de palmiers à Shambillo, province de Padre Abad, Pérou.Ce projet a conduit en 1997 à la construction d’une usine de traitement opérée par la compagnie d’huile de palme OLAMSA (Oleaginosas Amazonica S.A.). L’usine, financée par le Gouvernement du Pérou, le Fondo Contravalor Pérou-Canada et le projet de l’ONUDC et de l’UNOPS, est à présent la deuxième plus grande usine d’huile de palme du Pérou.

Les installations, respectueuses de l’environnement (elle sont en effet alimentées de façon efficace grâce à l’incinération de la palme refusée en tant que combustible) transformaient au départ six tonnes métriques de régimes par heure. Aujourd’hui, la production a doublé pour atteindre 12 tonnes. Et la demande croissante de l’huile d’OLAMSA a profité à chacun. Près de 480 fermiers qui ont fait le choix de transformer leurs plantations de coca en palmiers à huile ont décuplé  leurs revenus, gagnant l’année dernière 2 200 dollars par hectare en tant que profits annuels nets. La nouvelle au sujet de ces résultats s’est répandue,  et la liste d’attente des fermiers qui espèrent rejoindre la coopérative s’est allongée. 

Le franc succès d’OLAMSA a inspiré  la construction d’une deuxième usine à Boquerón en 2004 – OLPASA (Oleaginosas Padre Abad S.A.) – où M. Chaugua-Sánchez et 400 autres agriculteurs livrent leurs régimes.

En tout, les activités de l’ONUDC relatives à l’huile de palme, au sein des projets de Développement Alternatif de l’ONUDC et de l’UNOPS au Pérou, ont changé le quotidien de plus de 2 000 familles, fait reconnu par les fermiers.

Moisés Parada-Patricio, membre d’OLPASA, décrit sa vie passée en tant que cultivateur de coca dans des termes durs. « Nous étions des personnes « oubliées », dit-il. « Nous vivions dans la peur du crime et des narcotrafiquants. Nous avions de sérieux problèmes sociaux. Nous étions terrifiés ». Un autre membre, Lander Manuel Chaves-Vidalón, résume ce que le projet d’huile de palme représente pour eux. « Aujourd’hui nous avons un nom et nous sommes respectés. Nous appartenons à quelque chose, nous faisons partie de notre pays ».

Régimes en cours de transformation à l’usine OLAMSA.

 


Données clés

Titre du projet
Développement Alternatif à Pichis-Palcazu-Aguaytíaural

Organisations responsables
ONUDC et le Gouvernement du Pérou

Budget total
$ 24 775 713 

Services de l'UNOPS
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