À deux heures de Kaboul, sur la route vers la belle province de Bâmiyân, là où se dressaient les anciens Bouddhas de Bâmiyân, les habitants de la province de Parwân travaillent ardemment pour réhabiliter la route qui relie Bâmiyân avec la capitale.
Cette route de graviers très fréquentée est si usée que dans beaucoup d’endroits, les véhicules ont des difficultés à passer. Ainsi, le gouvernement afghan a inclus cette route dans son Projet d’accès rural d’urgence nationale (NERAP) sous le Programme national d’accès rural (NRAP).
S’étendant sur près de 141 km, cet axe offre une route alternative importante au col de Salang lors des déplacements entre Kaboul et le nord de l’Afghanistan. Pendant la majeure partie de l’hiver, le col est bloqué par les fortes chutes de neige, coupant une route fondamentale pour le commerce et augmentant le temps et les coûts pour la population.
D’après l’ingénier régional de l’UNOPS pour la région de Kaboul, M. Sayed Khan Ahmadzai, la réhabilitation réduira par moitié le temps des déplacements de Bâmiyân à la capital, et en diminuera significativement le coût.
Les usagers de la route ont soutenu sans hésiter son point de vue. « La route est très mauvaise et je mets beaucoup de temps pour arriver à Kaboul », commente le conducteur d’un camion plein de charbon provenant des mines situées le long de la route vers Bâmiyân. « J’ai hâte de me déplacer beaucoup plus vite », ajoute-t-il.
La réhabilitation de la route offre bien plus que des communications aisées. En utilisant des méthodes de construction axées sur la main-d’œuvre, le programme fournit du travail et des moyens de subsistance, en soutenant ainsi l’économie locale et en enseignant des nouvelles techniques. Il aide aussi à construire des liens entre les différentes communautés ethniques en Afghanistan.
Depuis juin 2002, le ministère de la Réhabilitation et Développement ruraux (MRRD) et le ministère des Travaux publics (MoPW) ont conjointement mis en œuvre le NRAP, précédemment surnommé le NEEP (Programme national d’urgence pour l’emploi), en bénéficiant de l’appui de l’UNOPS pour sa mise en œuvre.
Le programme a reçu l’appui de multiples donateurs, parmi lesquels figurent la Banque mondiale, le ministère du Développement international (DFID) du Royaume-Uni, l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), la Commission européenne, l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (ASDI), l’Agence canadienne de développement international (ACDI), et les gouvernements japonais, australien et espagnol.
Grâce au financement de 112 millions de dollars géré par la Banque mondiale à travers son Fonds d'affectation spéciale IDA, le projet actuel déployé sur trois ans vise à améliorer 2 000 km supplémentaires de routes secondaires et de troisième ordre dans tout le pays, et à développer les capacités des ministères concernés afin de continuer à intensifier l’accomplissement de la gestion et des travaux. En outre, le Fonds d'affectation spéciale pour la reconstruction de l'Afghanistan (ARTF), administré par la Banque mondiale, a récemment contribué à hauteur de 50 millions de dollars en tant que ressource complémentaire à la disposition du projet NERAP.
Le programme, qui a déjà été témoin de la construction ou de la réhabilitation de 9 632 km de routes, connecte l’Afghanistan rural dans les 34 provinces du pays, améliorant ainsi l’accès aux services de base,
surtout dans l’Afghanistan rural. Le programme a également permis la construction ou la réhabilitation de 66 ponts, 14 terrains d’aviation et des dizaines de milliers de mètres de structures de drainage essentielles, telles que des ponceaux et des murs de revêtement.
Ce projet a généré 12,4 millions de journées de travail à travers son approche de méthodes de construction axées sur la main-d’œuvre. En outre, il a permis de créer les conditions pour des emplois à long terme grâce à des infrastructures communautaires essentielles, y compris des plans d’irrigation, des installations sanitaires et hydrauliques ainsi que des écoles et des cliniques.
Le développement des capacités et la participation communautaire se trouvent au centre du programme. Les activités en matière de développement des capacités sont conçues dans le but d’accroître l’appropriation du projet par le gouvernement tandis que la participation communautaire contribue à assurer la conformité avec les normes de gestion des questions environnementales et sociales, ainsi qu’à créer de l’emploi dans les zones rurales.
À Parwan, l’ingénier régional du ministère des Travaux publics, M. Nadershah, pense que l’amélioration des connexions augmentera l’interaction entre les groupes ethniques. « La route à Bâmiyân reliera les Pachtounes du district de Chinwari avec les Tadjiks du district de Ghorband (Syagird), les Hazâras des districts de Cheikh Ali et de Surkhi Parsa, et les Turkmènes de la vallée de Dara-e-Turkmen du district de Surkhi Parsa ».
Dans un pays avec un passé de conflits civils, l’augmentation de l’interaction sociale et économique entre les ethnies contribuera à créer une paix plus durable.