Les nouvelles voix du développement

Les initiatives multipartites signalent-elles l'arrivée de l'ère de la gouvernance collective ?​
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Par 
Katrin Lichtenberg   | 13 j​uillet 2017

La pauvreté extrême, les inégalités économiques et sociales, les changements climatiques, les catastrophes naturelles et les crises de réfugiés ne sont que quelques-uns des problèmes auxquels est actuellement confrontée la population mondiale. 

Des mesures efficaces de coopération internationale doivent être mises en œuvre afin de répondre aux grands problèmes mondiaux. Cette tâche s'avère toutefois difficile à accomplir en raison d'obstacles tels que la disponibilité limitée des fonds et les défis politiques et géopolitiques.

À l'heure où la complexité des enjeux mondiaux ne cesse d'augmenter, nous devons examiner sans tarder les solutions possibles à ces défis. Les initiatives multipartites, souvent mentionnées dans le milieu du développement, sont l'une d'entre elles. En quoi ce concept consiste-t-il exactement ? Qu'est-ce qui en fait une solution bien adaptée pour répondre efficacement aux enjeux complexes de développement international ?

Les initiatives multipartites sont une forme de gouvernance collective qui rassemble généralement des donateurs​ bilatéraux et multilatéraux, des organisations de l'ONU, des organisations non gouvernementales nationales et internationales, des intervenants du secteur privé et, dans certains cas, de nouveaux acteurs d'autres milieux. 

 

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Une telle diversité permet à des intervenants n'œuvrant habituellement pas dans le secteur du développement, notamment des fondations et entreprises privées, de faire entendre leur voix et de participer à la coopération internationale.​


 

L'aide publique au développement et les interventions gouvernementales ne peuvent à elles seules atteindre les objectifs de développement. Le modèle d'initiative multipartite veut que les participants s'engagent à respecter un programme commun avec des objectifs définis, à combiner leurs ressources financières ainsi qu'à compléter et renforcer mutuellement leurs capacités.

Bien sûr, la gouvernance collective n'est pas un concept nouveau. Les initiatives multipartites se distinguent toutefois par le fait qu'elles ne visent pas à remplacer les efforts de développement locaux, régionaux, nationaux et internationaux. Elles ne visent pas à leur faire concurrence ou à les rendre inutiles.​

 

Les clés de la réussite​

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Le succès de ce modèle s’appuie sur la reconnaissance que le caractère unique de chaque initiative constitue sa plus grande force, et qu’il n’existe donc aucune approche universelle.

 

Ce facteur doit être pris en compte lors de la mise sur pied et la gestion d’initiatives pour le compte de partenaires1

Une coopération inclusive est essentielle. Les partenaires doivent s'engager à subordonner leurs intérêts personnels aux objectifs communs. De plus, les rôles et responsabilités de chacun doivent être clairement définis, et l'accent doit être mis sur la participation des toutes les parties prenantes.
 
De manière fondamentale, les partenaires et les initiatives doivent démontrer une grande flexibilité et pouvoir s'adapter aux changements.

De nombreuses initiatives multipartites sont mises en œuvre dans des contextes difficiles, notamment dans des États fragiles. Plutôt que d'éviter d'œuvrer dans des milieux à haut risque, il convient d'employer des méthodes et un cadre de gestion spécifiques, permettant une bonne gestion des risques au quotidien.

Aucune intervention ne peut durer éternellement. Il est donc important de prévoir une stratégie de retrait dès les premières étapes de chaque projet, et de s'assurer que les progrès réalisés, les résultats obtenus ainsi que les connaissances partagées sont suffisants avant de prendre la décision de mettre fin à une intervention.

La conception, la mise en place et la gestion d'initiatives multipartites ne sont certainement pas des tâches faciles. Toutefois, étant donné l'importance de ce modèle pour le programme de développement, il pourrait s'agir de la solution idéale aux grands défis de notre époque.​



L’UNOPS est fier de soutenir diverses initiatives multipartites, dont l’Initiative pour la transparence de l’action climatique. Dans le cadre de cette initiative, l’UNOPS travaille en collaboration avec deux donateurs bilatéraux (l’Allemagne et l’Italie), deux organisations non gouvernementales (les fondations Children’s Investment Fund et ClimateWorks), une organisation multilatérale (la Convention-cadre des Nations Unies pour les changements climatiques) et des partenaires de mise en œuvre (dont le programme Verified Carbon Standard, le partenariat ONU Environnement-Université technique du Danemark,​ et l’Institut des ressources mondiales) pour assurer la transparence des activités en matière de climat. Cette initiative fournit une solide orientation stratégique, une gouvernance adaptée, un ensemble de compétences techniques hautement spécialisées ainsi que des capacités de gestion adaptables afin d’améliorer la transparence des politiques et des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre.


 

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À propos de l’auteur

Katrin Lichtenberg est la directrice du Groupe thématique de l’eau et de l’énergie de l’UNOPS. Depuis le début de sa carrière au sein de l’ONU en 1997 en tant que Jeune experte associée, elle a occupé divers postes à Genève et à Copenhague. Dans le cadre de ses fonctions, Katrin a soutenu la conception et la mise sur pied d’une plateforme de gestion pour le Conseil de consultation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement, établi à Genève. Elle participe aujourd’hui à la gestion de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide ainsi que de l’Initiative pour la transparence de l’action climatique.


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