UNOPS

04/04/2017

Une aide concrète aux victimes de conflits

En raison de son lourd passé conflictuel, de la multiplication des attaques rebelles et de la menace persistante posée par les mines et les restes explosifs de guerre, l’Afghanistan demeure aujourd’hui l’un des pays les plus dangereux où vivre.

​Mohammad Khan se penche pour examiner le pneu arrière d’un camion. Il fixe un petit tuyau à la jante et active un compresseur d’air, dont le ronronnement se fait entendre en gonflant le pneu. Un homme vêtu d’habits traditionnels afghans paye puis remonte dans sa voiture. Il s’agit d’un autre client satisfait des services de M. Khan, le propriétaire d’un petit atelier se spécialisant dans la réparation de pneus et le changement d’huile. ​

La vie de Mohammad Khan a beaucoup changé depuis avril 2016, lorsque des combattants talibans ont fait exploser un camion chargé d’explosifs près d’un bâtiment gouvernemental à Kaboul, la capitale afghane, faisant environ 60 morts et plus de 300​ blessés, et détruisant l’autobus qu’il conduisait pour gagner sa vie. ​ 

En novembre 2016, à des centaines de kilomètres de Kaboul dans la province de Balkh, le jeune Ahmad quitte sa maison pour accomplir ses tâches quotidiennes et recueillir des broussailles et des brindilles sur les terres entourant la maison familiale. Il s’apprête à retourner chez lui lorsqu’il aperçoit un objet métallique poussiéreux sur le sol, près d’un gros arbuste. Ahmad se penche pour examiner l’objet, qui explose lorsqu’il le saisit, emportant presque tous ses doigts.​


La population afghane en danger ​

Depuis le début du retrait progressif des troupes internationales en 2011 et la fin officielle de la mission de combat de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord en décembre 2014, les attaques rebelles se sont multipliées dans l’ensemble du pays. Les mines et restes explosifs de guerre demeurent une menace constante pour les civils. ​

Plus de 11 000 victimes civiles de conflits ont été signalées en 2016, ce qui représente une hausse de trois pour cent par rapport à l’année précédente. Le nombre de civils tués ou blessés par des restes explosifs de guerre a quant à lui augmenté de 66 pour cent par rapport à 2015. ​

​​​En 2016, les enfants constituaient 84 % des victimes civiles d’accidents causés par des restes explosifs de guerre, ce qui en faisait la deuxième principale cause de décès et de blessures chez les enfants en Afghanistan1​​.​

 

Un physiothérapeute prodigue des soins à un enfant blessé par un engin explosif improvisé dans la province de Helmand, en Afghanistan.​ Photo : Service de la lutte antimines de l’ONU ​

Les conflits peuvent avoir des conséquences importantes sur les familles, qui ont souvent besoin d’assistance pour récupérer physiquement et mentalement et redresser leur situation économique.​

Le programme afghan d’assistance civile ​(Afghan Civilian Assistance Programme​ – ACAP III), appuyé par le Service de la lutte antimines de l’ONU et financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), contribue à garantir que les civils reçoivent l’appui dont ils ont besoin en fournissant une aide à court et à long terme aux victimes admissibles.

Le programme distribue rapidement des colis d’assistance contenant des aliments et des articles non alimentaires pour les victimes. Des équipes sont également envoyées sur le terrain pour évaluer les besoins des familles ayant perdu leur principale source de revenus et pour fournir des services de physiothérapie, d’assistance psychosociale et de réintégration économique.​


Une aide concrète​

Quelques jours après l’attaque perpétrée contre un bâtiment gouvernemental à Kaboul, le personnel du programme d’assistance a communiqué avec M. Khan et lui a rapidement offert de l’aide.​

Grâce au volet de réintégration économique du programme, M. Khan a pu discuter de façons de créer une nouvelle source de revenus.​​

M. Khan, qui possédait des connaissances de base en réparation et rêvait depuis longtemps d’être mécanicien, a reçu de l’aide pour mettre sur pied son propre atelier. Photo : Service de la lutte antimines de l’ONU​​


Ahmad, qui avait perdu presque tous ses doigts, a quant à lui entendu parler du programme par un aîné de son village. Il a rapidement reçu un colis d’assistance immédiate ainsi qu’un soutien psychosocial et des traitements de physiothérapie.​

Depuis ses débuts en 2015, le programme afghan d’assistance civile a fourni des colis d’assistance immédiate à plus de 75 000 victimes et familles dans l’ensemble de l’Afghanistan. 

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​​​​À Hérat, en Afghanistan, un bénéficiaire du programme afghan d’assistance civile transporte un colis d’assistance immédiate. ​Photo ​: Service de la lutte antimines de l’ONU

La ministre adjointe du Travail, des Affaires sociales, des Martyrs et des Handicapés distribue un colis d’assistance immédiate à une femme affectée par l’attaque talibane du 19 avril 2016 à Kaboul. ​Phot​o : Service de la lutte antimines de l’ONU​

Un avenir prometteur​

L’aide fournie par le programme a profondément changé la vie de nombreuses victimes de conflits telles que Mohammad Khan et Ahmad.​

« Je ne voulais pas être un fardeau pour les autres et dépendre de leur charité », explique M. Khan. « Grâce au soutien pour la réintégration économique, je possède maintenant mon propre atelier où je gagne assez d’argent pour faire vivre ma famille. »​

Après son accident, Ahmad pensait qu’il ne pourrait plus jamais contribuer à la société ou soutenir sa famille. Après des séances de consultation intensives, sa perspective a changé et il est maintenant capable de travailler avec ses frères afin de subvenir à ses besoins financiers. ​

« L’assistance fournie m’a grandement aidé. Je me considère maintenant comme une personne utile à la société. Je suis reconnaissant envers le programme d’assistance civile pour le soutien émotionnel et matériel qui m’a été offert […]. Les services d’appui psychosocial m’ont donné l’espoir nécessaire pour reprendre goût à la vie et être heureux », affirme Ahmad.​

Les détails du programme​

Le programme afghan d’assistance civile vise à réduire les effets à court et à long terme des conflits sur la population civile, notamment les victimes de mines et d’autres restes explosifs de guerre, en offrant des colis d’assistance immédiate contenant des aliments et des articles non alimentaires a des bénéficiaires répondant à certains critères d’admissibilité. Le programme propose également des services de soutien psychosocial, de réadaptation physique et de réintégration économique adaptés afin de contribuer au rétablissement des victimes et à la création de nouveaux moyens de subsistance. Ce programme, financé par USAID et mis en œuvre par le Service de la lutte antimines de l’ONU, contribue en outre au renforcement des capacités institutionnelles afin d’aider le gouvernement à répondre plus efficacement aux besoins des victimes civiles de conflits. ​   

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L’initiative compte poursuivre ses activités en Afghanistan jusqu’en 2018.​


 

1 Groupe des droits de l’homme de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan : Afghanistan ​: Protection of Civilians in Armed Conflict, Rapport annuel 2016​. ​Février 2017.​