UNOPS

17/06/2016

Construire des routes dans un environnement hostile

En Afghanistan, les groupes d’insurgés et l’instabilité font de la gestion d’un projet de construction un défi qui va bien au-delà du respect des délais, du budget et des normes de qualité.

​Depuis la fin de 2007, avec le soutien financier de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (ASDI), l’UNOPS a toutefois réussi à améliorer des routes rurales dans le nord de l’Afghanistan grâce à des contrôles rigoureux et à la participation communautaire.

Afin de maximiser les effets positifs pour l’économie, d’accroître les capacités du secteur privé et de créer des emplois pour les communautés dans la région du projet, l’UNOPS fait appel à des entreprises de construction locales.

Abdul Wahid Sakhayee, président de l’une de ces entreprises privées, affirme que l’insécurité constitue le plus gros obstacle à la mise en œuvre de ce projet, en particulier lorsque les routes sont situées dans des secteurs où les rebelles ont une forte présence.

« Dans la province de Samangan, les travaux ont dû être arrêtés parce que les insurgés rassemblaient du bois et d’autres combustibles afin de mettre le feu à notre machinerie », déclare-t-il.

En 2015, l’équipe de M. Sakhayee gérait alors l’entretien périodique d’une route de la province de Sari Pul, région à 80 pour cent sous le contrôle des insurgés.

L’insécurité occasionnait des retards. L’entrepreneur a dû convaincre la communauté de l’importance de la route — elle constitue la seule voie d’accès à la principale source d’approvisionnement en eau de la région — tout en soulignant le potentiel de création d’emplois du projet.

« Après certains efforts de persuasion, la communauté a réussi à convaincre les insurgés que l’amélioration de la route profiterait à tous », explique M. Sakhayee.​

La preuve en est faite : plus d’un million de jours de travail ont été créés pour les communautés locales dans le nord de l’Afghanistan depuis que le projet financé par l’ASDI a été lancé il y a huit ans, apportant une importante source de revenus à certaines des personnes les plus défavorisées au pays.​

​M. Sakhayee mentionne qu’il a également connu d’autres obstacles à la construction et à l’entretien des routes, notamment les manifestations populaires, l’accès limité à des matériaux tels que la pierre ainsi que l’approvisionnement difficile en eau. Dans certains cas, il a même dû amener de l’eau potable sur les chantiers à l’aide d’un camion-citerne. ​

Trouver une main-d’œuvre locale qualifiée représente également un défi. Pour résoudre ce problème, M. Sakhayee recrute environ les deux tiers de ses travailleurs dans les communautés locales et fait appel à des sous-traitants pour le tiers restant, contribuant ainsi à renforcer les capacités locales tout en assurant la qualité des travaux.​

Afin de garantir le respect des normes de qualité, des ingénieurs et du personnel de projet de l’UNOPS visitent régulièrement les chantiers afin d’évaluer la qualité des activités, et le chef de chantier et ses travailleurs envoient des photos quotidiennement pour montrer l’avancement des travaux.​

De plus, l’UNOPS a renforcé les capacités des entrepreneurs locaux en organisant des ateliers spécialisés, notamment sur les directives pour la soumission d’offres. ​

Le Projet d’amélioration de l’accès aux zones rurales vise à réduire la pauvreté et les disparités entre les zones urbaines et rurales en favorisant un meilleur accès aux services essentiels et aux marchés dans quatre provinces du nord de l’Afghanistan. ​