UNOPS

​​INSTAURER UN CLIMAT DE PAIX
Chapitre 1 : les fondations de la stabilité




 

​​Photos : UNOPS/John Rae
PARTAGER :FacebookLinkedIn Twitter  Email​​​​​


 

La Colombie est à la croisée des chemins. Près de 50 années de conflits ont causé plus de 220 000 morts et ont forcé des millions de personnes à quitter leur foyer. Néanmoins, un accord de paix entre le gouvernement et les rebelles vise à ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire du pays et semble tourner la page d’un demi-siècle de conflits armés.

En décembre 2016, le nombre de personnes déplacées en Colombie était estimé à près de 7,2 millions. Nul autre pays ne connaît un nombre supérieur de personnes déplacées en raison de violences.

Parmi les défis à relever, celui du logement est particulièrement urgent. Plus d’un million et demi de familles colombiennes ont un déficit de logement, que ce soit par rapport à la taille du logement, à la qualité des matériaux utilisés ou encore à la disponibilité des services publics.

Dans ce premier d’une série de quatre articles, l’UNOPS vous présente une communauté participant à un programme gouvernemental d’amélioration de nombreux logements à l’échelle du pays. Voici l’histoire de Luis Alfredo Torres Redondo, un chef communautaire connu sous le nom de « Lucho ».

Voici l’histoire d’El Salado.

​​​
     LA COLOMBIE AUJOURD’HUI

 

4,​9 millionS 
de personnes ont actuellement
besoin d’aide

 

Plus de 50 000 logements 
sont rénovés grâce à l’aide du gouvernement, dont 3500 par l’UNOPS

 

200 000 
personnes fuient leur foyer chaque année en raison des violences


 
​​​​​​​​​​​​​

 ​


 
 
​​​
​​​


 

EL SALADO​

 

​​​​​

Petit village du département de Bolívar, dans le nord de la Colombie, El Salado révèle peu d’indices sur son passé et ressemble à bien des égards aux centaines d’autres villages du pays. 

Pourtant, la paix qui y règne aujourd’hui cache une terrible histoire.

Le massacre d’El Salado, survenu en l’an 2000, est l’une des pires tueries qu’a connues la Colombie. Le cimetière témoigne des victimes sans défense de la torture, les maisons et les commerces ont été détruits, le village laissé en ruine et les habitants plongés dans le deuil.


​​


 

​Les forces paramilitaires ont semé la peur et ont menacé les habitants de les tuer s’ils revenaient. » 
- Lucho​​


 

>> Visionner la vidéo


 

 

​​​​​​​​​​
 
 


 

 

FUIR LA VIOLENCE


 

Lors du massacre, les habitants ont fui là où ils pouvaient. Beaucoup sont allés dans des villes à proximité, comme à El Carmen de Bolívar, mais pour la communauté rurale d’El Salado, trouver un travail s’est avéré difficile.

Pour nombre d’entre eux, la rue est devenue à la fois leur maison et leur lieu de travail. La situation était catastrophique.


 


 


​À cause des souffrances endurées et des difficultés liées au déplacement, les habitants n’avaient plus aucun espoir. Ils ont perdu le travail de toute une vie. »


El Salado était à l’abandon. Personne n’était resté, pas même les chiens.

Pourtant, quelques années après, un groupe d’individus dont Lucho fait partie est retourné à El Salado pour reconstruire la communauté.


 

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​
 
 


 

RECONSTRUIRE

Le défi était de taille.

Afin d’encourager les habitants à revenir à El Salado, Lucho a soutenu différentes initiatives pour améliorer la situation, panser les blessures du passé et faire du village un lieu paisible où habiter. L’une de ces initiatives s’insérait dans un programme national visant la rénovation de 50 000 logements en fonction des besoins particuliers de chaque famille afin, à terme, d’améliorer les conditions de vie des communautés.

​​​​​​​​​​

​​

Cela paraît simple et pourtant il est bien plus compliqué de travailler individuellement avec chaque famille, de concevoir chaque logement tout en tenant compte de la culture et de l’environnement. »
- Carlos Pachón, UNOPS
​​​​​
​​


 

La première étape a consisté à partir à la rencontre d’El Salado et de ses habitants pour comprendre leurs besoins.​

​​​​​​​​​​​​​

 
 


 

Les travaux, qui ont duré plus d’un an, ont porté essentiellement sur la construction ou la rénovation de cuisines et de salles de bain afin d’améliorer la santé des résidents grâce à des espaces plus hygiéniques pour préparer la nourriture et à l’accès à l’eau potable et l’assainissement.


À El Salado, la rénovation des logements a nécessité plus de 500 tonnes de matériaux de construction. À l’instar d’autres zones rurales en Colombie, le transport d’une grande quantité de ces matériaux a dû se faire manuellement avec l’aide de la communauté.

​​​
 
 
 ​ ​


RETROUVER LA DIGNITÉ

​​

À la suite du conflit et des déplacements forcés, les gens ont perdu confiance. Perdre confiance peut avoir des conséquences terribles pour les individus. » 
​​- Lucho



Presque tous les membres de la communauté ont été déplacés, mais ceux qui sont retournés à El Salado y ont retrouvé un foyer.
 
Beaucoup d’habitants ont maintenant accès pour la première fois à une cuisine et à une salle de bain, et les anciennes cuisines construites à l’aide de paille et de fumier ont été remplacées.


 

>> Faites glisser la barre sur l’image pour voir la cuisine d’une famille avant et après les travaux.

​​
<


 

À El Salado, les logements sont souvent peints dans des co​uleurs chaudes qui reflètent les traditions locales. Les travaux de rénovation ont tenu compte de cet aspect puisqu’il est évident que les habitants prendront davantage soin d’un logement où ils vivent confortablement.



 ​


 

Plus de 70 bâtiments accueillant près du quart de la population d’El Salado ont été rénovés.

En tant que membre du comité de supervision du projet, Lucho devait vérifier que les améliorations répondaient aux besoins de chaque famille.


 

​​Ce sont les petits détails qui améliorent la vie des habitants et la rendent plus digne. Les gens ont retrouvé la confiance et ont retrouvé espoir. Ils ont recouvré un peu de dignité. » 
- Lucho​​

​​​

Si El Salado est unique, ce projet n’est pas isolé. Le même processus a lieu, village après village, communauté après communauté, dans toute la Colombie.



​ 


 

Tout au long de cette série d’articles, l’UNOPS va présenter la vie de nombreuses familles qui ont bénéficié de cette initiative. Le prochain article se penchera sur la capacité des logements sociaux à non seulement améliorer la qualité de vie des communautés, mais également à générer des retombées économiques.
​​​​​​​​​​​​​

​​​​​​​​​​​​​​​


 

LES DÉTAILS DU PROGRAMME


 

​Le programme d'amélioration de logements est une initiative nationale du gouvernement colombien. En tant que l'un des partenaires de mise en œuvre, l'UNOPS est responsable de l'amélioration d'environ 3500 logements où vivent approximativement 20 000 personnes. ​


Les étapes du programme


 

 
​​

​1. Les gouvernements locaux travaillent avec les communautés pour identifier les familles qui ont le plus besoin d’aide.
2.
L’UNOPS évalue chaque logement selon plusieurs facteurs de durabilité : les familles doivent par exemple être propriétaires de leur logement, et les bâtiments doivent répondre à des normes de sécurité minimales et être situés dans une zone géographique stable.
3. Les familles qui remplissent les critères se voient allouer environ 3000 dollars pour améliorer l’état de leur logement. Selon les besoins, cette somme peut servir à améliorer la cuisine, la salle de bains, le toit ou le plancher, ou encore à agrandir le logement.
4. Un ingénieur de l’UNOPS et un travailleur social élaborent avec les famille​s les plans d’amélioration. Ce travail s’articule autour des besoins des familles, des priorités sociales et des meilleures options du point de vue architectural.
5. Une fois les plans convenus, les travaux d’amélioration sont entrepris et durent environ quatre semaines.


 
​​​​​​​​​​​