UNOPS

20/06/2013

« Ce ne sont pas les séismes qui tuent les gens, ce sont les bâtiments qui s'effondrent »

COPENHAGUE – La semaine dernière, au cours d’une conférence au siège de l’UNOPS, une experte en génie civil a affirmé que les catastrophes naturelles coûtent 100 milliards de dollars par an, soit le budget annuel de l’Afrique pour les infrastructures.

Jo da Silva dirige Arup International Development, un organisme à but non lucratif spécialisé en conception de structures et en génie civil qui travaille en partenariat avec des organisations humanitaires et de développement telles que l’UNOPS.

Sa conférence sur le rôle des ingénieurs en matière de réduction des risques liés aux catastrophes naturelles était organisée dans le cadre des conférences internationales Brunel. Il s’agissait du premier événement majeur à avoir lieu au nouveau siège de l’UNOPS dans la Cité de l’ONU.

Si Mme da Silva a expliqué que les tremblements de terre causent 60 pour cent des décès liés aux catastrophes naturelles, les experts en génie civil et en aide humanitaire d’urgence ont précisé que ce ne sont pas les catastrophes naturelles elles-mêmes qui sont responsables de ces chiffres. « Ce ne sont pas les séismes qui tuent les gens, ce sont les bâtiments qui s'effondrent », a-t-elle expliqué aux plus de 100 personnes venues l’écouter.

Selon Mme da Silva, plus de deux milliards de personnes ont été touchées par des catastrophes naturelles entre 2000 et 2009, et la fréquence et l’intensité de ces dernières augmentent, en partie en raison des changements climatiques et de la rapide urbanisation.

Afin de réduire les conséquences néfastes de ces événements, Mme da Silva préconise un processus de transition passant de l’intervention d’urgence à la mise en place de systèmes qui renforcent la capacité de résistance de communautés et leur permettent de mieux faire face aux conséquences des catastrophes.

Elle a également souligné les possibilités que représente la reconstruction après une catastrophe en termes de renforcement de la résistance et a encouragé le recours à des pratiques de construction plus sûres, dont l’application de codes de pratiques.

« Les codes et les normes en matière de construction ont permis de réduire le nombre de décès de manière significative au Japon et aux États-Unis. Mais dans d’autres régions du monde, il n’y en a pas », a ajouté Mme da Silva.

« Mais les ingénieurs ne peuvent pas faire des miracles. Il est rare que les systèmes ou les mécanismes de protection élaborés par les ingénieurs ne fonctionnent pas, mais lorsque ça arrive, les conséquences peuvent être catastrophiques », a-t-elle expliqué.

Pour l’avenir, Mme da Silva a souhaité une meilleure compréhension des risques liés aux catastrophes et a encouragé à reconnaître que les infrastructures peuvent à la fois augmenter ou réduire la vulnérabilité, en fonction de la manière dont elles sont construites.

« Dans certaines régions isolées, les bâtiments ne sont pas conçus et leur construction n’est pas planifiée, ils sont juste construits. Une simple intervention peut faire toute la différence », a-t-elle affirmé, avant d’ajouter que les infrastructures doivent également être adaptées au milieu pour lequel elles sont construites.

Mme da Silva a poursuivi en déclarant que de nombreux pays n’ont pas les fonds ni les capacités technologiques nécessaires à la conception et à la construction de certaines structures, sans compter les ressources nécessaires à la gestion et à l'entretien de ces bâtiments.

Jo da Silva, de la société Arup, était la neuvième personne à prendre la parole et la première femme à participer à la série de conférences internationales Brunel, mise en place en 1999 par l’Institution of Civil Engineers en mémoire d’Isambard Kingdom Brunel, l’un des pionniers les plus respectés au monde en matière de génie civil.

L’UNOPS a signé un partenariat avec Arup en octobre 2010 dans le cadre d’un accord de collaboration portant sur des projets d'infrastructures. Les deux organisations établissent des normes et des outils communs et partagent leur expertise en matière de résistance aux effets des changements climatiques, d’intervention en cas de catastrophes naturelles, de construction, d'infrastructures durables et de systèmes de gestion de l'eau et d’établissements scolaires et sanitaires. En savoir plus