UNOPS

30/11/2016

Combattre la stigmatisation pour prévenir la maladie

Soutenir les personnes qui s’injectent des drogues peut réduire la transmission du VIH et de l’hépatite ainsi que les dépenses de santé et la criminalité. Au Myanmar, des services d’aide améliorent les conditions de vie des consommateurs de drogues.

 

Au cours de la première moitié de 2016, plus de 5000 consommateurs de drogues injectables au Myanmar ont eu accès à des services liés au VIH grâce au Three Millennium Development Goal Fund (3MDG), notamment des tests de dépistage et des services de suivi​. De plus, 24 000 personnes ont été concernées par des programmes de prévention, et six millions de seringues et d'aiguilles ont été distribuées pour favoriser des pratiques d'injection sûres. 

Ces initiatives s'inscrivent dans un programme de réduction des risques qui vise à limiter les conséquences négatives de la consommation de drogues illicites, en particulier la transmission du VIH et des hépatites B et C, les blessures liées à une mauvaise élimination des aiguilles ainsi que la criminalisation de la consommation de drogues. 


Les mesures se concentrent principalement sur la prévention et​ le dépistage du VIH et de l'hépatite, la distribution et l'élimination du matériel d'injection, le traitement de substitution à la méthadone, le suivi psychologique et le soutien par des pairs. ​

La dépendance aux drogues est un problème de santé. Le programme de réduction des risques part de ce constat et met l'accent sur l'importance de travailler en collaboration avec les communautés, les médias et la police. Dans le cadre de ce programme, des activités de sensibilisation ainsi que des initiatives visant à améliorer l'environnement des consommateurs de drogues par injection sont mises en œuvre. ​

 

Ces initiatives contribuent à lutter contre un problème majeur au Myanmar, puisque des études ont démontré que 39 pour cent des personnes nouvellement infectées s’injectent des drogues1​​ et que plus de 20 pour cent des personnes qui s’injectent des drogues sont atteintes du VIH​2.

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Dans les régions frontalières du Myanmar telles que l'État de Kachin, la production d'opium et les conflits ont facilité l'accès aux drogues et ont contribué par la même occasion à l'augmentation du nombre de consommateurs. La priorité pour la mise en œuvre des services de réduction des risques a été accordée à 36 zones à haut risque du Myanmar, dont sept dans l'État de Kachin.

Parmi ces services figurent des patrouilles responsables de la collecte des aiguilles. Il s'agit de membres de communautés formés afin de recueillir et d'éliminer de façon sûre les aiguilles usagées et d'ainsi réduire les risques d'infections. Des centres d'accueil offrent par ailleurs un suivi psychologique, des tests de dépistage ainsi que le traitement du VIH, de l'hépatite et d'infections sexuellement transmissibles.

Malheureusement, la stigmatisation, le rejet par la communauté et la discrimination rendent l'accès aux services de santé difficile pour les consommateurs de drogues, qui ne peuvent alors effectuer de tests de dépistage des maladies transmises par le sang, réduisant dès lors leur chance de rétablissement. 

Le personnel du Centre d'accueil de Washawng, dans l'État de Kachin, a fait de la lutte contre la stigmatisation sa priorité. 

« Parmi les 40 personnes que nous accueillons au centre, 28 ont été orientées vers des traitements contre le VIH et les hépatites B et C, 15 bénéficient de traitements à la méthadone et une personne a été reçue dans un centre de désintoxication. Nous devons maintenant encourager davantage de personnes à venir au centre. Pour cela, il nous faut réduire la stigmatisation », explique un professionnel de la santé du centre travaillant pour Metta, l'un des partenaires du programme de réduction des risques du fonds 3MDG. 

Victime d'une telle stigmatisation, Tu Mai, ancien consommateur de drogues, a éprouvé des difficultés à se rendre au centre. Le soutien et les encouragements du personnel lui ont finalement permis de participer à des séances d'information et de recevoir des traitements. La méthadone l'a en outre aidé à gérer sa dépendance. Aujourd'hui, Tu Mai est éducateur au sein du même centre. 

« Mon travail consiste à distribuer des aiguilles stériles, à organiser des activités de sensibilisation et à collecter des seringues usagées. Tant la communauté que ma famille reconnaissent aujourd'hui les effets positifs de ce que je fais et pensent que j'ai un bon travail », raconte Tu Mai.

La réduction des risques se fonde sur le respect des droits des consommateurs de drogues. Ce programme privilégie des services inclusifs et l'absence de jugement, et reconnaît que la consommation de drogues fait partie de la société. ​

 

Les détails du programme ​ ​

En vue de soutenir le Programme national de lutte contre le sida au Myanmar, les partenaires du fonds 3MDG mettent en œuvre le programme de réduction des risques. En se basant sur des preuves à l’échelle mondiale, cette approche vise à réduire les risques qui touchent aussi bien les consommateurs de drogues injectables que la communauté dans son ensemble.
 
Les partenaires du fonds ont notamment mis sur pied un programme de distribution d’aiguilles et seringues, notamment de seringues à faible espace mort​ qui retiennent moins de sang et réduisent le risque de transmission du VIH et de l’hépatite.
 
Le fonds 3MDG et ses partenaires sont déterminés à réduire les effets nocifs de la consommation de drogues illicites. À titre d’exemple, Metta et Médecins du Monde mettent en œuvre un projet communautaire innovant qui vise à favoriser l’acceptation des services de réduction des risques et à lutter contre la stigmatisation et la discrimination au sein des communautés au moyen d’activités de sensibilisation et d’éducation. En savoir plus sur le projet​ (en anglais)

À propos du Three Millennium Development Goal Fund (3MDG)​

Géré par l’UNOPS, le fonds 3MDG est le fonds de développement pour la santé le plus important au Myanmar. Le fonds joue un rôle essentiel sur l’ensemble du territoire national, améliorant la santé maternelle, néonatale et infantile tout en luttant contre le VIH, le sida, la tuberculose et le paludisme.
   
En collaboration avec le gouvernement du Myanmar et d’autres partenaires, le fonds renforce le système national de santé à tous les niveaux. Il vise en particulier à étendre l’accès des populations défavorisées et vulnérables à des services de santé de qualité.
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En mettant en commun les contributions de sept donateurs bilatéraux (Australie, Danemark, États-Unis, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Union européenne), le 3MDG encourage l’utilisation efficace des fonds de développement. Le budget du fonds en soutien au secteur de ​la santé au Myanmar s’élève à plus de 279 millions de dollars US pour la période allant de 2012 à 2017.


1 Rapport mondial d’avancement de la lutte contre le sida au Myanmar : janvier 2014 – décembre 2014, Programme national de lutte contre le sida, 2015​

2 ​Étude IBBS sur les consommateurs de dr​ogues injectables, 2014​​​