UNOPS

13/10/2016

À Mannar, les fortes pluies ne sont plus synonymes de catastrophe

Sur l’île de Mannar, dans le nord-ouest de Sri Lanka, les moussons engendrent des précipitations torrentielles. Chaque année, la saison des pluies apportait son lot de malheur aux 30 000 habitants de l’île. Plus maintenant.

Dans cette région de faible altitude, plus de 70 étangs assuraient autrefois le drainage naturel des sols, mais la plupart ont été asséchés pour y construire des bâtiments. En outre, les routes municipales ne disposaient pas d’un réseau de drainage efficace. Durant la saison de la mousson, la montée des eaux entraînait l’inondation des routes et le débordement des fosses septiques. 

Lors d’inondations sévères, les routes devenaient impraticables, empêchant les habitants de se rendre à l’école ou au travail. Les salles de classe étaient noyées sous les eaux. Les marchés et les commerces locaux subissaient des dommages importants. Les pannes d’électricité perturbaient le fonctionnement des hôpitaux et affectaient les ménages, sans compter l’augmentation des maladies hydriques.

Une rue de Mannar inondée pendant la mousson. Photo : UNOPS/Anutharshan Pooranasandiran

De telles situations forçaient beaucoup de villageois à quitter leurs foyers pour chercher refuge dans des temples, des centres communautaires ou des villages voisins, et il devenait difficile de trouver des aliments secs et des articles de première nécessité.

Des villageoises expliquent à un membre de l'UNOPS les dégâts causés à leurs logements par les inondations. Photo : UNOPS/Simonetta Siligato

Ann Tharani vit sur l'île de Mannar avec son mari et ses deux enfants. Chaque année, ils étaient affectés par la montée des eaux : « Nos enfants ne pouvaient pas se rendre à l'école et étudier convenablement car les routes étaient impraticables et les environs étaient aussi touchés par les inondations. Nous craignions également que les moustiques qui se reproduisaient dans les eaux de crue ne transmettent la dengue à nos enfants. »

​La présidente d'une association de femmes pour le développement rural renseigne des ingénieurs de l'UNOPS sur le réseau de drainage local. Photo : UNOPS/Alfred Niederkofler​ 

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​​ ​L’historique du projet :
​​ ​​​En 2008, grâce au financement de l’Union européenne, l’UNOPS a élaboré une carte hydrogéographique de l’île de Mannar afin d’identifier les bassins hydrologiques et le régime des crues. Des mesures de prévention des inondations ont ensuite été définies sur la base de cette carte. Le projet actuel est le fruit sdes efforts communs de l’Union européenne, des autorités locales, de la communauté de Mannar et de l’UNOPS. ​
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Des voisins d'Ann Tharani ont connu des événements semblables. Ajantha et son mari ont trois enfants. Ils subvienne​nt aux besoins de leur famille grâce un petit magasin et à la location de leur tracteur. Ajantha est une membre active de sa communauté et la présidente d'une association de ​femmes pour le développement rural à Mannar.

Ne connaissant que trop bien le problème des inondations, elle explique : « L'eau rentrait dans ma maison et montait d'au moins 50 centimètres. Les dégâts étaient considérables. Souvent, nous ne pouvions pas accéder à des endroits sûrs et secs car les salles communautaires et les écoles étaient déjà occupées par d'autres personnes touchées par les inondations. La situation était problématique car je devais non seulement assurer la sécurité de ma famille, mais aussi aider les membres de ma communauté. » ​

    

Des travailleurs locaux construisent un caniveau. Photo : UNOPS/Simonetta Siligato

Ces dernières années, l'UNOPS a accompli des travaux d'envergure pour améliorer les systèmes de drainage à Mannar. Ajantha a apporté de précieux conseils : « J'ai collaboré avec l'UNOPS à la conception du réseau de drainage car je connais bien l'écoulement naturel des eaux dans la région. J'ai aussi contribué aux programmes de sensibilisation de l'UNOPS à l'intention des habitants. Aujourd'hui, j'assiste le conseil urbain afin de lutter contre l'utilisation inadéquate des terres, qui peut entraîner l'obstruction des réseaux de drainage. »

Des rencontres sont organisées au sein de la communauté pour sensibiliser les habitants à la gestion des inondations. Photo : UNOPS/Simonetta Siligato

M.A.J. Thuram, commissaire adjoint du gouvernement local, est satisfait des changements : « Les habitants constatent une amélioration significative de leur environnement. Les enfants peuvent se rendre à l'école car les routes ne sont plus inondées et les risques et inconvénients des crues ont diminué. Les coûts liés aux interventions d'urgence ainsi que les coûts d'entretien et de gestion ont aussi baissé. »

Mme Tharani approuve : « Cette année, nous avons échappé aux inondations grâce à un nouveau caniveau qui a permis aux eaux pluviales de s'écouler en l'espace d'une seule nuit. »

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Les détails du projet : 

​​​​Des travailleurs construisent un nouveau système de drainage.  Photo : UNOPS/Simonetta Siligato

Dans le cadre d'un programme de l'Union européenne soutenant le développement des districts de Sri Lanka, l'UNOPS construit et réhabilite des infrastructures sociales dans les districts de Batticaloa, Mannar et Vavuniya. Plus de 600 000 personnes vont tirer profit d'activités de renforcement des capacités.

À Mannar, l'UNOPS contribue à la résilience de la communauté grâce à des formations et à l'amélioration des installations de contrôle des inondations. Ce projet est mis en œuvre en collaboration avec le secrétariat du district et le conseil urbain de Mannar. Il comprend la réhabilitation des bassins de rétention d'eau et la construction de réseaux de drainage.

Les autorités locales et la communauté jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre du projet de l'UNOPS. À son tour, l'UNOPS organise des formations pour renforcer les capacités locales nécessaires pour assurer l'efficacité et l'entretien des nouvelles installations. L'UNOPS travaille également à sensibiliser les habitants sur leur rôle dans la prévention des inondations et la gestion de situations d'urgence.

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