UNOPS

26/11/2014

Entretenir les routes pour rapprocher les Afghans

Adolescente, on avait interdit à Maliha Binesh de poursuivre ses études car sa classe comptait une majorité de garçons. Aujourd’hui, elle est ingénieure civile, et la seule femme parmi les 34 directeurs provinciaux du ministère des Travaux publics.

Mme Binesh, qui occupe le poste de directrice du département des Travaux publics de la province de Badghis, était l'une des quelque 50 fonctionnaires à participer à un atelier financé par le ministère britannique du Développement international (DFID) et organisé par l'UNOPS au ministère central, à Kaboul, les 11 et 12 novembre.

Cette conférence a permis à tous les directeurs provinciaux de discuter des défis liés à l'entretien des routes et aux achats auxquels ils sont confrontés, et de mettre au point des procédures normalisées de réparation, notamment pour les nids-de-poule, les fissures et autres défectuosités typiques sur les routes.

Partout dans le monde, les routes sont indispensables pour assurer l’accès à des services essentiels comme les écoles et les cliniques médicales, mais le manque de fonds et le conflit en cours en Afghanistan ont dressé de nombreux obstacles à l’entretien des routes.

« Pour des raisons de sécurité, certains districts dans la province de Badghis sont uniquement accessibles par hélicoptère, ce qui complique les réparations et l'entretien », déclare Mme Binesh.

En raison du manque d'informations sur l'état actuel des infrastructures routières dans le pays, le ministère a également du mal à planifier les travaux d'entretien et à prévoir un budget adéquat.

Pour répondre à ce problème et compléter la base de données du ministère des Travaux publics, l'UNOPS soutient des activités visant à répertorier les routes, les ponts, les ponceaux et autres infrastructures routières dans les provinces de Balkh, Ghazni et Helmand, et à dresser un bilan de leur état.

Ces activités font partie de l'initiative « Keep Afghans Connected », d'une valeur de 6,9 millions de dollars, financée par le DFID dans le cadre de son programme de réhabilitation et d'entretien des routes, et mise en œuvre par le ministère en étroite collaboration avec l'UNOPS.

Le directeur du département des Travaux publics de Helmand, Ahlullah Zahidi Obaidy, a souligné que l'évaluation de l'état des routes est déjà achevée dans le sud de la province et qu'il faisait désormais face à des difficultés pour rassembler des données dans le nord, où l'accès est limité en raison du conflit en cours.

« Lorsque nous allons évaluer les sites, nous devons collaborer avec les services de sécurité afghans afin d'être escortés », déclare M. Obaidy. « Cependant, l'utilisation d'appareils électroniques pour collecter les informations facilite et accélère le processus », poursuit-il.

L'UNOPS fournit des récepteurs GPS, des caméras et des tablettes ou des téléphones portables dans les trois provinces, en plus de collaborer avec l'ONG International Relief and Development pour former des ingénieurs locaux afin qu'ils réalisent les évaluations, grâce à des fonds de l'Agence des États-Unis pour le développement international.

« Pas moins de 20 000 kilomètres de routes ont été construits ou réhabilités au cours des dix dernières années, mais les informations n'ont jamais été collectées ni compilées de manière systématique par le ministère des Travaux publics », explique Elizabeth De Benedetti, chef d'équipe de l'UNOPS pour « Keep Afghans Connected ».

« En apportant notre soutien à ces trois provinces pilotes pour collecter ces données importantes, nous aidons le ministère à mieux planifier ses activités d'entretien et à procéder à l'évaluation de l'état des infrastructures routières dans l'ensemble du pays en faisant appel à ses propres ingénieurs », ajoute-t-elle.

Dans le cadre du programme « Keep Afghans Connected », l'UNOPS fournit des conseils et une assistance technique au ministère pour réhabiliter et entretenir des routes, tout en soutenant la formation et le perfectionnement du personnel local.

S'appuyant sur de précédentes expériences en Afghanistan, l'initiative a été planifiée sur trois ans et élaborée en vue de renforcer les capacités existantes du ministère pour répondre aux défis actuels et à venir, et de créer un réseau routier sûr et efficace.