UNOPS

21/07/2017

Regarder la maladie droit dans les yeux

En 2015, l’Éthiopie a été touchée par le passage d’un phénomène climatique El Niño d’une ampleur jamais vue, qui a causé une importante situation d’urgence, le nombre de personnes nécessitant une assistance humanitaire s’élevant à plus de cinq millions.

​Frappés par la pire sécheresse des dernières décennies, les habitants de la région somali d'Éthiopie ont vu leurs cultures périr, et leurs élevages mourir de faim. En raison de l'accès réduit à la nourriture, à l'eau potable et à des installations sanitaires, ainsi que de l'inévitable baisse des revenus des foyers, des milliers de personnes ont souffert de maladies telles que la diarrhée aiguë et la rougeole, en plus de souffrir de malnutrition. Les hommes, femmes et enfants les plus démunis sont souvent les plus vulnérables à ces problèmes de santé.

Depuis 2015, l'Éthiopie a connu une hausse subite des cas de diarrhée aiguë, une maladie causée par des bactéries, virus ou parasites transmis par la consommation d'eau ou d'aliments contaminés, ou d'une personne à l'autre du fait d'une mauvaise hygiène. La diarrhée aiguë peut durer plusieurs jours, et elle entraîne d'importantes pertes de liquides qui drainent le corps de l'eau et des sels minéraux essentiels à la santé. Malheureusement, lorsque la nourriture se fait rare, les personnes font ce qu'elles peuvent pour survivre.

La communauté de Gabagabo kebele, dans le district de Tuli Guled, ne connaît que trop bien les problèmes liés à la diarrhée aiguë. Le petit centre de santé local est séparé de la route principale par près de 10 kilomètres d'un chemin accidenté difficile à emprunter, tant en véhicule qu'à pied, en particulier pour les personnes souffrantes ou malades.

Les patients qui parviennent à se rendre au centre de santé y trouvent une installation manquant de ressources et un personnel débordé par le nombre croissant de cas de diarrhée aiguë. « Le centre de santé n'avait pas assez de personnel ni d'équipement pour traiter les patients », explique le directeur du centre de santé de Gabagabo, M. Mohammed Ahmed.

Le centre ne comptait qu'une ambulance et cinq employés.

Dans un effort commun pour répondre à ce problème, une unité de traitement des cas de diarrhée a été créée à même le centre de santé, qui a été doté d'un véhicule et de cinq professionnels de la santé supplémentaires. L'unité a reçu des médicaments pour traiter la diarrhée, de l'équipement lié à l'eau et l'assainissement ainsi que du matériel de sensibilisation.

Kelsuma Abdulahi, mère de six enfants, était inconsciente lorsqu'elle a été conduite à l'unité de traitement. Elle avait contracté la diarrhée aiguë après avoir consommé de l'eau contaminée, et elle a dû demeurer hospitalisée au centre pendant cinq jours. Malheureusement, le jour suivant sa fille de 20 ans, enceinte, est à son tour tombée malade, et Kelsuma a été forcée de retourner au centre de santé, cette fois en tant que soignante.

« Ce problème affecte tous les membres de ma famille, et je suis forcée de quitter ma maison », explique-t-elle.

Elle n'est pas seule dans cette situation. Un grand nombre d'habitants d'Éthiopie connaissent les mêmes problèmes, et les efforts pour y remédier et prévenir la propagation de maladies demeurent une priorité du gouvernement et des partenaires humanitaires dans la région.


Les détails du projet

Afin de remédier aux problèmes liés à la diarrhée aiguë, le gouvernement a déployé environ 900 professionnels de la santé dans huit zones de la région somali d'Éthiopie durement touchées par la maladie.

En soutien des efforts du gouvernement, l'UNOPS a signé un accord de 1,6 million de dollars avec le Fonds humanitaire pour l'Éthiopie, géré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

L'aide de l'UNOPS porte principalement sur trois aspects. Premièrement, l'organisation assure la bonne gestion du système de paie de 300 professionnels de la santé travaillant au sein de communautés isolées ayant un mauvais accès à des services médicaux. Deuxièmement, l'UNOPS assure la gestion d'un parc de 42 véhicules qui permettent de transporter le personnel de santé ainsi que des médicaments jusqu'aux régions isolées. Finalement, l'organisation gère un système de gestion de la chaîne d'approvisionnement utilisant cinq véhicules lourds pour transporter le matériel médical en provenance des entrepôts.

Cette approche collaborative permet d'améliorer et de faciliter la lutte contre la diarrhée aiguë. Il s'agit d'une coopération entre le Bureau régional éthiopien de la santé, l'Organisation mondiale de la Santé, l'UNICEF, le Programme alimentaire mondial, le Bureau de coordination régional des Nations Unies, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires ainsi que des ONG internationales et nationales. ​