UNOPS

07/12/2012

La Somalie s’engage à éliminer les mines antipersonnel

MOGADISCIO – La Somalie a signé la Convention d’Ottawa sur les mines antipersonnel, reconnue internationalement, s’engageant à détruire son stock de mines terrestres au cours des quatre prochaines années et à déminer tout le pays dans les dix ans à venir.

Cet État de la Corne de l’Afrique, 160e pays à signer la Convention, a souffert de la pollution par les mines terrestres et restes explosifs de guerre à la suite de décennies de conflits. Le gouvernement somalien a également convenu d’aider les survivants des mines et de ne plus utiliser, produire ni transférer des mines antipersonnel.

Cet engagement représente une avancée majeure pour les activités du Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS) en Somalie. Le directeur du programme d’UNMAS en Somalie, David Bax, a précisé que la signature de cette convention est une étape importante, représentative du chemin parcouru par la Somalie en ce qui concerne la formation d’un gouvernement cohésif exprimant un engagement clair envers la paix et la sécurité.

Il a ajouté : « Le programme de gestion des explosifs de l’UNMAS poursuivra sa collaboration avec le gouvernement somalien afin de mener les activités essentielles requises par le statut de signataire de cette convention. »

L’UNMAS travaille en étroite collaboration avec le gouvernement somalien, donnant la priorité à la lutte humanitaire contre les mines et contribuant au renforcement national de la police somalienne.

L’UNOPS a facilité l’engagement de l’UNMAS en Somalie depuis 2007. Après avoir apporté un soutien à une initiative commune des Nations Unies menée par le PNUD, l’UNMAS a pris les commandes des activités de lutte antimines en Somalie en 2009.

Au cours des cinq dernières années, plus de 21 461 munitions non explosées et mines antipersonnel ont été détruites. Depuis 2008, plus de 720 000 femmes, hommes et enfants ont bénéficié d’activités de sensibilisation vitale et d’informations relatives à la sécurité grâce à nos partenaires du domaine de la lutte antimines présents dans 10 des 11 régions du sud et du centre de la Somalie. Ces activités ont amplifié la portée des activités de relèvement et de développement en améliorant la sécurité et la liberté de circulation des individus, des communautés et des travailleurs humanitaires.

Afin de soutenir les dangereuses activités de retrait des restes explosifs de guerre et des mines antipersonnel, l’UNMAS emploie une équipe d’urgence, constituée d’une dizaine de médecins somaliens afin d’assurer une aide sur place. Ces médecins apportent également une aide d’urgence aux hôpitaux locaux. À l’hôpital Medina de Mogadiscio par exemple, ils ont traité 5381 victimes de traumatismes, dont plus de 4000 blessés par balle, 50 victimes d’accidents liés aux restes explosifs de guerre, 965 blessés par des projectiles et 342 blessés par des engins explosifs improvisés depuis février 2010. L’équipe organise également des formations médicales pour le personnel hospitalier, les partenaires 
                                          de la lutte antimines, les membres du personnel local et les unités de
                                          la police chargées de la neutralisation d’explosifs.

Grâce au soutien de l’UNOPS en tant que partenaires principal de mise en œuvre, le programme de gestion des explosifs de l’UNMAS en Somalie s’efforce de coordonner ses efforts avec ceux de ses organisations homologues locales, du gouvernement somalien et d'autres partenaires en vue de renforcer les capacités du pays en matière de lutte antimines.

Après l’annonce de l’engagement de son pays envers le respect de la Convention d’Ottawa, le Conseiller juridique du Président somalien, le Professeur Abuukar Hassan Ahmed, a déclaré : « Il s’agit d’un moment historique pour le peuple somalien. Il ramène la Somalie sur la scène mondiale. »