UNOPS

24/06/2014

Reprise des travaux sur une importante route en République démocratique du Congo

BUKAVU – Plus de cinq mois après l’interruption des travaux par des groupes rebelles, des négociations ont permis la reprise de la restauration d’une importante route en République démocratique du Congo (RDC).

Pendant la première moitié de 2014, l'armée congolaise a remporté plusieurs batailles avec l'appui de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), ce qui a accentué la pression exercée sur les groupes rebelles et mené à un accord sur la reprise des travaux.

Des années de guerre ont détruit plusieurs ponts et réduit à l'état de sentiers des tronçons de la route de terre de 304 kilomètres qui relie Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, au territoire enclavé de Shabunda.

En 2010, après plus de 15 ans d'isolement, la route a été rouverte par l'UNOPS grâce au financement du Royaume-Uni, dans le cadre de la Stratégie internationale d'appui en matière de sécurité et de stabilisation.

Depuis, le Royaume-Uni et l'UNOPS ont continué à améliorer l'état de la route dans le but de rétablir l'autorité de l'État, de stimuler l'économie locale et de permettre l'accès à l'aide humanitaire et à des services essentiels, notamment des services de santé. Le projet est bénéfique pour la communauté puisqu'il a fait passer la durée du voyage entre la localité de Nzibira et Bukavu de deux jours à deux heures, et jusqu'à présent, il a créé 500 000 jours de travail pour la population locale.

Néanmoins, depuis juillet 2013, les progrès réalisés grâce à la réouverture de la route étaient mis en péril par des groupes rebelles qui empêchaient la poursuite des travaux. Même si l'UNOPS pouvait encore travailler sur certains tronçons, son accès à la route était limité.

L'insécurité et l'isolement du site entraînent constamment des difficultés, obligeant par exemple les ouvriers à se rendre initialement à pied jusqu'aux parties les plus isolées de la route. L'UNOPS a dû adapter son travail aux conditions de sécurité locales, et la MONUSCO lui a fourni des escortes de sécurité et une assistance en génie civil.

« L'isolement des populations de l'est les expose à des risques importants en matière de sécurité et de respect des droits de l'homme, et notre priorité est de leur redonner accès à des services de sécurité, à des services essentiels et à des possibilités économiques », a déclaré un conseiller en infrastructures du ministère britannique du Développement international (DFID) en RDC.

L'UNOPS a soutenu la construction de 74 ponts et a remis les 45 premiers kilomètres de route au gouvernement de la RDC, qui en assure maintenant l'entretien. Des études d'impact social et environnemental ont conduit à la mise en œuvre de mesures afin de limiter les risques pour l'environnement et d'optimiser les effets positifs de la route pour la population locale.

« L'UNOPS a établi de précieuses relations avec des organisations gouvernementales et non gouvernementales, ainsi qu'avec des partenaires du secteur privé dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, et son statut d'entité des Nations Unies lui donne une légitimité et un accès que d'autres organisations pourraient avoir des difficultés à obtenir », a expliqué le représentant du DFID.

Dans le cadre de la Stratégie internationale d'appui en matière de sécurité et de stabilisation, l'UNOPS a réhabilité quatre autres routes importantes et construit 44 bâtiments publics grâce au financement du Programme des Nations Unies pour le développement, du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix et des gouvernements de la Belgique, du Canada, des États-Unis, des Pays-Bas et de la Suède.

Malgré sa surface équivalant à deux tiers de l'Europe de l'Ouest, la RDC ne compte que 2800 kilomètres de routes revêtues, et la majeure partie de son réseau routier doit être réhabilitée.