UNOPS

Favoriser l’autonomisation des filles en améliorant l’éducation au Soudan du Sud

Un projet a permis de réduire de 39 pour cent le taux de décrochage des filles à l’école primaire dans des communautés du Soudan du Sud.

Ce pays a l’un des taux d’achèvement de l’enseignement primaire les plus faibles au monde. De nombreux enfants manquent régulièrement l’école ou abandonnent à cause de maladies, de la faim, du manque de fournitures scolaires, de tâches ménagères, d’un travail rémunéré ou de conditions d’enseignements dangereuses. Ce sont les filles qui rencontrent le plus d’obstacles les empêchant d’aller à l’école régulièrement, notamment le mariage précoce. Selon le Fonds de Nations Unies pour l’enfance, seulement six pour cent des filles au Soudan du Sud terminent l’école primaire.

Afin de remédier à cela, le gouvernement italien finance un projet dans l’état des Lacs et l’Équatoria oriental consistant à construire et rénover des écoles, à former des enseignants et des travailleurs locaux, à sensibiliser la population et à encourager la participation communautaire.

Ce projet, géré par l’UNOPS, vient en aide à 13 500 élèves.

Les infrastructures et les achats

L’UNOPS a géré avec succès la construction et l’équipement de 12 écoles et en a rénové deux autres, aidant à créer un environnement scolaire propre et sûr pour les enfants et les enseignants. Le projet comprenait la construction d’installations d’alimentation en eau et d’assainissement, notamment des puits permettant de fournir de l’eau potable aux enfants, ainsi que la construction de toilettes non mixtes, car les toilettes partagées font partie des raisons souvent invoquées pour expliquer l’absence des filles de l’école. L’UNOPS a également effectué l’achat du matériel pédagogique nécessaire pour ces écoles.

Comme de nombreuses familles de la région sont confrontées à l’insécurité alimentaire, des potagers ont été plantés sur des terrains des écoles. Les légumes produits servent à la fois à nourrir élèves et enseignants, et à générer des revenus supplémentaires. 

Visionner la video : « Éduquer une fille, c'est éduquer la nation »

Mobiliser les communautés locales

Tout au long du projet, les communautés locales ont été encouragées à participer pour que les résultats du projet soient les plus positifs et les plus durables possible.

Des travailleurs locaux ont été employés et formés à la construction et à l’entretien des installations, et une centaine d’enseignants ont reçu une formation afin d’améliorer leurs méthodes pédagogiques. 

« Quand nous éduquons une jeune fille, nous éduquons la nation. »

– Kongor Deng Kongor
Directeur général du ministère de l’Enseignement public de l’état des Lacs

En entretenant un dialogue continu avec les communautés, l’équipe du projet a pu comprendre leurs besoins et y répondre adéquatement, ce qui favorise l’appropriation du projet par la population locale et son enthousiasme pour les activités mises en place.

Par exemple, des mères ont reçu une formation sur la fabrication de serviettes hygiéniques pour que les filles y aient accès gratuitement ou à prix réduit. Ces femmes ont ensuite formé d’autres mères et filles, et elles sont maintenant nombreuses à détenir les compétences nécessaires pour fabriquer des serviettes hygiéniques. L’accès à des produits d’hygiène à prix abordable est l’un des moyens les plus efficaces d’encourager les filles à continuer leur scolarité, car cela leur évite de rester à la maison pendant la menstruation et de prendre ainsi rapidement du retard.

Une autre réalisation du projet est le lancement du magazine SHE, qui encourage les filles à prendre des responsabilités au sein de leur communauté. À part les manuels scolaires, ce magazine est la première publication destinée aux filles à être disponible sur les sites du projet.

De plus, les écoles ont créé des clubs pour les filles et des associations de parents-professeurs, en plus d’avoir organisé des formations en matière d’égalité hommes-femmes, et des ateliers sur la santé et l’hygiène pour les filles et leurs mères.

Des résultats positifs

Dans les régions ciblées, le projet a contribué à faire faire baisser de 39 pour cent le taux de décrochage scolaire avant la huitième année chez les filles et à faire augmenter de plus de 30 pour cent le taux total de fréquentation scolaire. Les élèves de l’état des Lacs et de l’Équatoria oriental ont maintenant accès à de meilleures installations, ce qui incite les parents à envoyer leurs enfants à l’école.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Dix-sept pour cent des filles dans l’État des Lacs et l’Équatoria oriental manquent l’école à cause de leurs menstruations et de l’absence de serviettes hygiéniques.

De plus, les associations de parents-professeurs ont pris de l’ampleur et œuvrent activement en faveur de l’éducation, notamment en convainquant les parents d’attendre que leurs filles aient terminé leurs études secondaires avant de les marier.

Angelina, 14 ans, s’occupe de ses cinq frères depuis l’âge de sept ans. Elle fait maintenant partie des élèves à qui profite le projet. « Je suis très fière de mon école, dit-elle. J’aimerais terminer mon éducation et devenir médecin. »

Le directeur général du ministère de l’Éducation pour l’état des Lacs, Kongor Deng Kongor, a déclaré : « Dans cet état, la majorité de la population, des jeunes, est composée de filles, et nous devons éduquer cette population. Quand nous éduquons une jeune fille, nous éduquons la nation. »

 

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