UNOPS

17/07/2012

Améliorer les conditions de vie en RDC grâce à des données sur les personnes déplacées

L’UNOPS aide le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à fournir des statistiques et des analyses fiables concernant les personnes déplacées en République démocratique du Congo.

L’est de la République démocratique du Congo a souffert d’années d’insécurité chronique et de conflits entre des groupes armés et l’armée nationale congolaise, qui ont forcé la population locale à fuir la violence et les pillages et à trouver refuge dans des régions plus stables, au sein de camps ou de familles d’accueil.

La communauté humanitaire est confrontée à de nombreuses difficultés en termes d’assistance aux personnes déplacées. Outre le manque de routes et de sécurité, les agences humanitaires doivent composer avec l’insuffisance ou l'absence d'informations sur les personnes qu'elles tentent d'aider.

L’importance des données personnelles

Le dernier recensement en République démocratique du Congo a eu lieu en 1984, et après plus de 20 ans de troubles civils, le pays ne dispose pas de registre civil où enregistrer les naissances, mariages et décès. Par conséquent, de nombreuses personnes déplacées ne possèdent pas d’acte de naissance ni de document d'identité. Ce manque de moyens d’identification pose problème pour observer leurs déplacements, résoudre des différends en matière de biens et déterminer les critères d'admissibilité à l’aide.

Afin de répondre à ces besoins, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a financé en 2009 la mise en place d’un centre de données pour les personnes déplacées (DC4IDP) à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Ce projet est mis en œuvre par l’UNOPS et vise à fournir à la communauté humanitaire des statistiques et analyses fiables et régulières. Ce centre permet au HCR et à ses partenaires d'apporter une assistance et une protection adaptées. Le centre de données surveille également le taux de retour des personnes déplacées et la situation actuelle dans les régions où ont lieu les déplacements. Ainsi, il contribue à anticiper les périodes de retour et à accroître la préparation de ces personnes et la qualité de l’aide apportée dans ces régions.

Le projet DC4IDP est mis en place dans tous les camps gérés selon la stratégie de coordination et de gestion des camps au Nord-Kivu en collaboration avec les autorités locales et des partenaires humanitaires.

Rassembler des informations exactes sur les camps de personnes déplacées

Ce projet emploie environ 30 personnes, principalement de nationalité congolaise, qui travaillent au sein de la population concernée afin de rassembler des informations et d’effectuer des sondages et entretiens. Le fait de parler la langue locale et de comprendre les coutumes locales permet à l’équipe de recueillir des témoignages personnels complexes, en particulier dans la mesure où de nombreuses personnes déplacées ont subi un traumatisme en raison des violences auxquelles elles ont été exposées.

Le personnel du centre de données rassemble des informations sur la taille des familles, l’âge et le sexe des membres qui les composent, les raisons du départ, les projets d’avenir et toute cause de vulnérabilité (par exemple, les cas où le chef de famille est une femme seule ou un enfant). Ce projet se divise en deux volets : l’enregistrement et l'élaboration de profils et un système d’information géographique (SIG) pour l’élaboration de cartes.

Les membres du personnel de ces deux volets travaillent ensemble afin de rassembler, centraliser, analyser et diffuser auprès des partenaires et de la communauté humanitaire des informations utiles et exactes grâce à des rapports, des cartes, des statistiques et des graphiques. Des informations non confidentielles sont également publiées sur le site Internet du projet.

Les personnes déplacées sont également photographiées, ce qui leur permet de disposer d’un moyen d’identification essentiel pour obtenir l’aide dont elles ont besoin et de bénéficier d’un suivi lorsqu’elles regagneront leurs foyers.

Cartographier les déplacements

Les cartes du SIG permettent à l’équipe de suivre les origines, les flux et les emplacements actuels des personnes déplacées tout en aidant les autorités locales à clarifier les frontières administratives. Elles permettent également d’harmoniser les noms géographiques dans la mesure où un même lieu peut porter différents noms en fonction des langues pratiquées, ce qui peut engendrer une confusion des données.

En 2010, la corporation Google a fait don au projet de téléphones androïdes, qui ont été configurés par l’équipe technique du projet de manière à enregistrer les données avec davantage d’efficacité, notamment les coordonnées GPS en vue d'élaborer des cartes.

Les difficultés en termes de logistique

Au cours de la phase de rassemblement des données, l’équipe du projet DC4IDP est confrontée à des difficultés considérables. Il est parfois nécessaire de voyager durant plus de six heures sur des routes non pavées pour arriver à de nombreux camps. Une fois arrivée, l’équipe travaille jour et nuit et vit durant des semaines dans des tentes, avec un accès limité aux installations sanitaires. Le risque permanent de violence implique qu'il est souvent nécessaire de faire appel à des escortes, ce qui ajoute aux difficultés en termes de logistique.

Améliorer la qualité de vie des personnes déplacées

En dépit de ces difficultés, l’équipe du centre de données a rassemblé des informations sur 207 000 personnes déplacées dans la région, dont beaucoup (plus de 16 000) ont effectué un retour volontaire depuis 2009.

Dimby Randrianaina, coordinateur du projet DC4IDP, explique : « Les données sont la base d’une coordination efficace parce qu’elles nous permettent non seulement d’avoir une image claire de ce qui se passe dans une région donnée, mais aussi de comprendre les caractéristiques clés des personnes concernées pour mieux cibler notre aide et notre protection. »

Fortes de leur connaissance des causes de la vulnérabilité des individus et groupes spécifiques, les agences sont en mesure d’apporter une assistance ciblée à des personnes vivant dans des contextes particulièrement difficiles. Cela permet d’assurer la protection des personnes déplacées en raison de violences sociales. À présent, la majeure partie des personnes déplacées bénéficie de moyens d’identification, ce qui permet de réduire également le taux de fraude et de détournement de l’aide.

Les cartes élaborées dans le cadre du projet sont régulièrement diffusées au sein de la communauté humanitaire de l’est du Congo, ce qui contribue à instaurer une approche collaborative de la mise en œuvre de l'aide.

Soutenir les familles rapatriées

L’équipe a mené d’autres activités relatives au rassemblement, à l'analyse et à la diffusion de données, telles que l'établissement des profils des personnes ne disposant pas de documents d'identité ou des minorités à risque et la cartographie des infrastructures communautaires dans les régions de retour potentiel.

L’UNOPS travaille actuellement en collaboration avec le HCR, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains et le Programme Alimentaire Mondial afin de mettre en place conjointement un mécanisme de rassemblement des données avec les autorités locales. Cela permettra d'évaluer l’état des infrastructures sociales (telles que les écoles et les hôpitaux) ainsi que leur capacité à absorber une augmentation de la population au moment où les familles déplacées retourneront chez elles.

L’ancien directeur du bureau du HCR à Goma, Masti Notz, explique : « Cette méthode de cartographie communautaire nous a aidé au-delà de notre travail dans les camps de réfugiés, par exemple en nous permettant d’identifier les régions de retour possibles, ce qui contribuera non seulement aux efforts humanitaires mais également aux activités de stabilisation. »

 

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