UNOPS

06/11/2015

Aider à améliorer la sécurité alimentaire des communautés d’Afrique de l’Ouest

« Chèvre naine d’Afrique de l’Ouest », « mouton Djallonké » et « bovins N’dama » ne sont pas les premiers mots qui viennent à l’esprit lorsque l’on pense à la sécurité alimentaire, mais ces trois espèces de bétail sont d’importants moyens de subsistance.

C'est la raison pour laquelle l'UNOPS a aidé des communautés à élaborer une approche durable et intégrée de la gestion du bétail, afin de préserver le bien-être de ces espèces et de réduire l'insécurité alimentaire.

La sécheresse, la pression démographique et des activités humaines telles que la déforestation et l'agriculture constituent des menaces pour de nombreuses espèces de bétail dans la région. De plus en plus, leur habitat naturel est envahi par des espèces exotiques, et de vastes étendues ont été transformées en terres agricoles pour répondre à la forte demande en bois, qui est utilisé pour la cuisson.

Grâce au financement du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et de la Banque africaine de développement, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a mis en place un projet s'étalant sur huit ans visant à renforcer les caractéristiques génétiques de ces trois espèces de bétail, tout en augmentant leur productivité et en préservant leur habitat naturel.

 

Du bétail s'abreuve à un point d'eau construit par l'UNOPS en Gambie. L'eau de ce site est pompée grâce à l'énergie solaire. Photo : UNOPS/Abdelkader Bensada

 

Mis en œuvre par l'UNOPS, le projet cible des communautés dans quatre pays (la Gambie, la Guinée, le Mali et le Sénégal) et représente un partenariat régional important entre la Banque africaine de développement, le FEM, le PNUD et les gouvernements de ces quatre pays.

Plus de 2 500 000 personnes ont ainsi bénéficié de ce projet qui a débuté en 2007, dans le cadre duquel l'UNOPS a géré la construction de 18 marchés de bétail, de 15 établissements de transformation de la viande, de 12 laiteries, d'un barrage, de 106 kilomètres de sentiers et de nombreux points d'eau. Dix-huit panneaux solaires ont également été installés, garantissant une source d'énergie durable pour alimenter en électricité les pompes des points d'eau.

 

Une association de femmes de Bignona, au Sénégal, ont bénéficié d'un programme de formation sur la fabrication de fromage biologique. Photo : UNOPS

 

Le projet a permis de renforcer les capacités d'organisations et des autorités locales, d'éleveurs indépendants, de comités de gestion des infrastructures et d'associations commerciales (de producteurs, de vendeurs et d'acheteurs). Plus de 5100 éleveurs ont été formés à la gestion de l'environnement et du bétail, tandis que 154 femmes ont été formées à la transformation des produits laitiers.

En Gambie, par exemple, l'UNOPS a travaillé avec une communauté locale afin de trouver des méthodes novatrices pour résoudre le problème de l'insécurité alimentaire. La production de fromage est l'un des moyens qui avaient été identifiés afin de limiter le gaspillage de lait tout en générant des emplois. Des formations ont donc été organisées pour aider des femmes à produire du fromage, et près de 70 femmes ont formé une association communautaire et créé une petite laiterie, qui leur a permis de générer de nouvelles sources de revenus.

 

Lait caillé produit dans une microlaiterie à Bignona, au Sénégal, dans le cadre de l'initiative visant à améliorer la sécurité alimentaire. Photo : UNOPS/Abdelkader Bensada

 

« Avec les économies que j'ai réalisées grâce aux connaissances que j'ai acquises lors de ce projet, j'ai pu acheter deux vaches et cinq chèvres », a expliqué une participante qui a suivi la formation sur la production de fromage en Gambie.

Des plans favorisant la participation communautaire ont été développés et mis à l'essai à différents endroits dans les quatre pays, afin de contribuer à l'amélioration de la gestion des ressources et la protection des habitats naturels. Parmi ces quatre pays, la Guinée, le Mali et le Sénégal se sont engagés à allouer un budget à la consolidation des résultats après la clôture du projet.

« C'est l'un des meilleurs projets de la Banque africaine de développement », a souligné Ken Johm, directeur du département de l'environnement et des ressources naturelles de la Banque africaine de développement, ajoutant que : « C'était l'un des deux seuls projets en Afrique sélectionnés pour être présentés dans un documentaire vidéo produit par la banque, qui a été diffusé lors de la Conférence Rio+20 sur le développement durable. »

 

Un nouveau marché de bétail construit à Touba Mouride, au Sénégal. Photo : UNOPS