UNOPS

24/02/2015

Favoriser une alimentation durable en eau au Darfour

Le Projet d’approvisionnement en eau en milieu urbain au Darfour a permis d’améliorer l’accès à l’eau potable pour plus de 240 000 personnes dans les capitales de quatre états de l’ouest du Soudan.

Après des années de conflit et d'instabilité, seul un faible pourcentage de la population urbaine du Darfour avait accès à l'eau potable provenant du réseau fédéral d'alimentation. Les infrastructures demeuraient insuffisantes en raison de l'accroissement de la population, mais également en raison du manque de fonds et d'une planification stratégique inadéquate. En outre, les autorités responsables de la gestion de l'eau dans la région éprouvaient de grandes difficultés à entretenir les infrastructures vieillissantes, à percevoir les paiements et à gérer l'alimentation en eau.

Financé par le ministère britannique du Développement international (DFID), le Projet d'approvisionnement en eau en milieu urbain a été lancé en 2010 afin de limiter les effets de la sécheresse en améliorant les services d'alimentation en eau. Mis en œuvre par l'UNOPS en collaboration avec le gouvernement du Soudan et les autorités de la région du Darfour, le projet avait pour objectif la réhabilitation d'urgence de sources d'eau et d'infrastructures d'alimentation afin d'améliorer l'accès à l'eau potable dans les capitales de quatre états du Darfour : El Fasher, Nyala, El Geneina et Zalingei.

Outre la réhabilitation d'infrastructures essentielles, les travaux ont également porté sur l'amélioration de l'alimentation électrique dans les régions abritant des sources d'eau, la réhabilitation de 42 puits, la construction de quatre grandes stations de pompage dotées d'installations de stockage, la construction de 56 kilomètres de conduites d'alimentation et la mise en place de deux installations de chloration.

Une bonne gestion budgétaire du projet a permis de réduire les coûts et d'utiliser les économies réalisées pour acheter des pompes, des valves et du matériel de contrôle des fuites, des dispositifs de protection pour les moteurs des pompes submersibles, ainsi que pour installer de nouvelles conduites d'alimentation pour des familles démunies.

La priorité au renforcement des capacités locales

Dans le cadre du projet, l'UNOPS a soutenu les autorités de gestion de l'eau en milieu urbain en participant au renforcement des capacités de leurs employés, en fournissant des systèmes de gestion financière, en formant le personnel et en enseignant la gestion de la performance. Grâce à des systèmes de gestion des données et des clients, les autorités de gestion de l'eau sont désormais en mesure d'envoyer des factures à leurs clients et de gérer leurs finances de manière électronique, économisant ainsi de l'argent tout en améliorant les services aux clients et l'efficacité de leurs activités.

Les avantages pour la population

Près de 250 000 personnes bénéficient d'un meilleur accès à l'eau potable, soit la majorité de la population alimentée par le réseau dans les capitales des quatre états.

Dépendamment de l'espace de stockage disponible, la plupart des familles de taille moyenne vivant dans ces quatre villes n'ont plus besoin d'acheter de l'eau à des fournisseurs privés. Les stocks sont désormais disponibles au moins deux jours par semaine, et les économies sont considérables pour de nombreuses familles. Auparavant, bon nombre de ménages dépensaient entre 25 et 50 dollars par mois pour l'achat d'eau auprès de fournisseurs locaux. Grâce aux travaux réalisés dans le cadre du projet, les ménages peuvent désormais obtenir de l'eau pour moins de huit dollars par mois directement à partir du réseau des autorités de la région.

Le projet a également contribué à accroître les possibilités de revenus pour la population locale.

Abakar Adam Khali, un habitant d'El Geneina, soutient financièrement une famille de neuf, dont cinq écoliers. Grâce à son travail d'ouvrier pour le projet, Abakar a pu augmenter ses revenus de deux dollars par jour. « Il s'agit d'une augmentation de revenu non négligeable pour ma famille », déclare-t-il.

Marryam Hamid, une femme de 62 ans habitant El Fasher, a quant à elle augmenté ses revenus de quatre et sept dollars par jour en vendant du thé à des ouvriers du projet.

Les leçons tirées de ce projet sont prises en compte dans l'élaboration d'une nouvelle initiative d'alimentation en eau en milieu urbain au Darfour, financée par le DFID, visant à étendre l'accès à l'eau potable aux régions périurbaines et aux camps urbains de personnes déplacées.