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Le véritable pouvoir des infrastructures

En apparence, construire une route consiste simplement à relier deux endroits. En vérité, c’est bien plus que cela.

Une route bien placée facilite l’accès aux écoles, aux établissements sanitaires et aux services juridiques. Elle peut permettre à une mère d’atteindre l’hôpital à temps pour faire naître son enfant. Elle peut également offrir à une femme un chemin plus court et plus sûr pour aller vendre ses produits au marché, ou lui procurer un emploi comme ouvrière sur le chantier. 

« Un village voisin a demandé à notre groupe de femmes de tresser des paniers pour eux contre rémunération. Grâce à la formation que j’ai suivie, j’ai pu contribuer au projet de construction de mur dans mon propre village et participer aux revenus de ma famille. »

Khadija
Une femme ayant reçu une formation dans le cadre d’un projet similaire financé par l’Italie.

Qu’il s’agisse de réhabiliter des routes en Afghanistan ou de construire des cliniques de santé en Sierra Leone, l’UNOPS soutient des projets d’infrastructures qui sont source de réelles améliorations pour les personnes démunies, en assurant la participation des communautés locales et en renforçant l’autonomisation des plus vulnérables. Ces projets d’infrastructures, mis en œuvre pour le compte de divers partenaires, notamment des gouvernements et des agences de l’ONU, ont la capacité non seulement de favoriser la croissance économique, mais aussi d’améliorer de manière tangible la qualité de vie de nombreuses personnes, en particulier des femmes et des filles.

Ces améliorations commencent par la construction d’installations qui donnent aux femmes et aux filles accès à l’éducation, à la justice et aux soins de santé. En outre, l’UNOPS est conscient que pour réussir la construction d’une route ou d’une école, il faut bien plus que du goudron ou quelques briques. En effet, les infrastructures peuvent créer des moyens de subsistance et renforcer les capacités des communautés. En collaborant étroitement avec les gouvernements et les communautés, l’organisation s’efforce de créer des infrastructures qui appartiennent réellement à leurs bénéficiaires.

En particulier, les chefs de projets de l’UNOPS cherchent à promouvoir l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation des femmes à chaque étape de leurs projets. Ces activités améliorent la scolarisation des filles et l’accès des femmes à l’emploi, en plus de leur donner un meilleur contrôle sur leur santé et sur leur propre vie. Voilà le vrai pouvoir des infrastructures.

Favoriser la scolarisation des filles

Pour inciter les filles à aller à l’école, il ne suffit pas de construire des installations scolaires. Des projets de qualité prennent en compte des aspects organisationnels tels que des repas gratuits ou la participation communautaire. À cela s’ajoutent les aspects physiques de la construction du bâtiment, qui peuvent également faire toute la différence. Dans de nombreuses cultures, les filles risquent de ne pas être autorisées à aller à l’école si elles doivent utiliser les mêmes toilettes que les garçons ou si ces derniers peuvent les voir y entrer. Il est facile de trouver des solutions à ces obstacles en communiquant avec les communautés. Par exemple, grâce au financement de divers donateurs, des écrans permanents ont été érigés pour cacher l’entrée des toilettes d’une école construite par l’UNOPS au Soudan du Sud.

Créer des emplois et des possibilités d’affaires

Photo : Claude Nadon/UNOPS

Les projets d’infrastructures peuvent aussi générer une grande quantité de travail pour les communautés locales. Les projets de construction de routes axés sur la main-d’œuvre, en particulier, permettent de créer des revenus fort nécessaires dans des communautés ayant été touchées par des conflits ou des catastrophes naturelles, tout en améliorant les compétences des travailleurs et en renforçant les capacités locales. Lorsque ces projets sont planifiés de manière adéquate et favorisent la participation des communautés, ils encouragent l’embauche de femmes, qui pourront ainsi acquérir des compétences utiles pour de futurs emplois. Par exemple, après le tremblement de terre en Haïti, lors de la construction de routes et d’abris pour le compte de divers donateurs, l’UNOPS a choisi une approche axée sur la main-d’œuvre dans le but d’employer le plus grand nombre d’Haïtiens possible, en particulier des femmes chefs de famille. Cette approche a donné de l’indépendance aux femmes tout en leur assurant des revenus domestiques minimums, permettant d’améliorer des vies et favorisant un relèvement économique rapide.

Éliminer les contraintes sociales

Dans certains cas, les projets d’infrastructures peuvent aider les femmes à s’affranchir des contraintes sociales traditionnelles. Par exemple, l’équipe d’un projet de construction de routes financé par la Suède en Afghanistan souhaitait donner aux femmes de la communauté une chance de travailler au même titre que les hommes. Comme il s’agit d’une région où, traditionnellement, les femmes ne travaillent pas en dehors du foyer, des agents de sensibilisation ont été embauchés pour convaincre les dirigeants de la communauté de les autoriser à travailler. Cette stratégie a très bien fonctionné et 105 femmes ont été formées afin de trier du gravier et de tresser des paniers de fils de fer pour la construction de murs. Cela leur a permis à la fois d’acquérir des compétences utiles et de toucher des revenus précieux pour leurs familles. Ces femmes ont raconté que le travail en groupe les a également rassemblées en une sorte de forum social informel pour échanger des idées sur différentes manières d’améliorer leurs vies.

Aider la création d’entreprises

En plus de les former pour le travail, les projets d’infrastructures peuvent aider les femmes à créer leur propre entreprise. Par exemple, pendant la mise en œuvre du projet de routes en Afghanistan, les ouvreiers se plaignaient de l'absence d'endroit

où acheter de la nourriture sur le chantier. En réponse à cela, un groupe de femmes a créé une boulangerie grâce au soutien du projet et s’est mis à vendre du pain aux ouvriers locaux et à des passagers d’autobus. L’entreprise a si bien fonctionné que cinq autres groupes de femmes ont par la suite été formés pour entreprendre des activités similaires. L’un des groupes produisait des vêtements de protection pour l’équipe de déneigement du projet. La qualité de leurs produits a également suscité l’intérêt d’autres agences des Nations Unies. Grâce aux revenus générés par ces entreprises, de nombreuses femmes ont acquis leur indépendance financière.

La campagne #NotJustARoad parle de ce projet. Pour voir ce que l’UNOPS a partagé à cet effet sur les réseaux sociaux, cliquez ici (en anglais).

Rendre les voyages plus sûrs

Dans les pays en développement, les femmes sont souvent chargées d’aller chercher de l’eau pour leur famille, parcourant parfois un long chemin dans des zones dangereuses. Dans l’État des Lacs au Soudan du Sud, par exemple, de nombreuses femmes compromettent leur sécurité, voyageant jusqu’à quatre heures par jour afin de recueillir de l’eau durant la saison sèche. En parlant avec elles pour se renseigner sur leurs besoins en eau, les chefs de projets peuvent construire des barrages et des réservoirs aux meilleurs emplacements afin d’améliorer la sécurité des femmes, comme dans le cas du programme de stabilisation de l’État des Lacs. Ce programme a été coordonné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en partenariat avec l’UNOPS et le Programme alimentaire mondial, sous la supervision du gouvernement.

De même, dans de nombreuses communautés, les femmes sont chargées d’acheminer les produits aux marchés, ce qui peut prendre plusieurs jours lorsqu’elles viennent de régions isolées. Grâce à des routes bien conçues et bien entretenues, le temps de déplacement peut être considérablement réduit et les femmes ont ainsi davantage de temps à consacrer à d’autres activités. En République démocratique du Congo, par exemple, l’UNOPS a reconstruit une route entre Masisi et Goma pour le compte du gouvernement belge, réduisant la durée du trajet de trois jours à seulement une demi-journée.

Pour en savoir plus sur la campagne de l’UNOPS #NotJustARoad, cliquez ici (en anglais).

Améliorer la santé des mères

La santé des femmes est un thème important pour le développement. En effet, de nombreuses femmes meurent en donnant naissance ou se voient refuser l’accès aux méthodes de contraception qui pourraient les aider à choisir quand elles souhaitent avoir des enfants et à exercer un meilleur contrôle sur leur propre vie. La santé maternelle étant l’un des objectifs du Millénaire pour le développement, elle a fait l’objet d’une attention considérable, et la situation s’améliore rapidement. Cela est en partie dû à l’amélioration des structures dédiées à la santé maternelle, comme ces centres mère-enfant en Indonésie, construits par l’UNOPS pour le compte de l’UNICEF.

Favoriser la consultation

Afin d’identifier les besoins et de fournir les emplois, la formation et l’accès aux services nécessaires, tous les membres de la communauté doivent être encouragés à participer aux projets. Cela passe par un effort particulier pour consulter ceux dont les voix ne se font pas toujours entendre, comme les femmes dans certaines sociétés traditionnellement patriarcales. Aux Maldives, par exemple, l’UNOPS a mis en œuvre un projet d’alimentation en eau potable pour le compte du gouvernement et à travers le PNUD, grâce au financement du Fonds pour l’adaptation.

Afin de s’assurer que les résultats du projet répondent aux besoins de tous les membres des familles, le comité de pilotage a consulté des membres des comités des îles travaillant à l’avancement des femmes. Dans des pays où de tels organes de représentation n’existent pas, l’UNOPS engage souvent des agents féminins de sensibilisation, qui vont trouver les femmes chez elles pour se renseigner sur leurs besoins et recueillir leur avis. Il est fondamental de s’assurer que les femmes sont écoutées pour que les projets soient réussis, durables et inclusifs.