UNOPS

Témoignages : Un cirque pour la vie

« Ensemble, nous avons eu l’idée de créer “El Circo del agua”, ou le cirque de l’eau. » - Yolanda Paredes-Gaitan, Experte en questions sociales et environnentales

https://wwwedit.unops.org/SiteCollectionImages/Latin%20America/Nicaragua/Voices_yolanda_LCO240x240.jpg

​« La majorité des chefs de projets ne penseraient pas à faire appel à des clowns pour sensibiliser les jeunes à propos d’enjeux importants. Pourtant, c’est exactement ce que nous avons fait dans le cadre d’un programme unique en son genre, financé et mis sur pied par la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC).

Ce programme, mis en œuvre dans 260 écoles et cinq communautés au Nicaragua, a aidé à réduire les effets des maladies attribuables à un accès insuffisant à l’eau et l’assainissement tout en sensibilisant la population aux questions liées à la santé.

Voices_Yolanda_Nicaragua_800x416 

Le programme visait un public large, allant d’enfants de quatre ans à des adultes d’âge mûr. Nous voulions tous les sensibiliser aux problèmes liés à l’eau et leur faire comprendre qu’il est essentiel de protéger les sources d’eau, appelées “cuencas” en espagnol, puisqu’elles sont au cœur du système d’alimentation en eau. Néanmoins, il était difficile de toucher des groupes aussi différents en même temps, car nous voulions trouver une manière adaptée de parler à chacun. Nous avons également dû remettre en question les rôles traditionnels des hommes et des femmes au sein de la communauté.

Ensemble, nous avons eu l’idée de créer “El Circo del agua”, ou le cirque de l’eau. Nous nous sommes dit que ce serait une façon originale de communiquer avec l’ensemble des spectateurs, tout en les sensibilisant à l’égalité hommes-femmes, à la durabilité, à l’eau et à l’assainissement.

Regardez cette vidéo qui présente notre projet au Nicaragua

Ce cirque, tout en étant drôle et distrayant, exprimait l’importance des questions liées à l’eau et à l’assainissement. En collaboration avec la troupe de théâtre, nous avons fait en sorte que le personnage principal soit une petite fille, ce qui nous permettait d’évoquer l’égalité hommes‑femmes, et plus particulièrement de souligner les liens directs entre l’accès à l’eau et les activités quotidiennes des femmes de la communauté.

Ce sont principalement les femmes et les enfants qui ont la responsabilité de porter l’eau destinée à la consommation domestique. Cette tâche peut leur prendre entre une demi-heure et quatre heures et demie par jour en fonction du terrain, de la distance à parcourir et de la taille de leur famille. En ayant accès à l’eau potable, les femmes et les enfants ont davantage de temps pour apprendre et pratiquer de nouvelles activités qui contribuent à leur autonomisation et à leur éducation.

Une de mes scènes préférées du spectacle est celle où une petite fille travaillant avec sa mère réalise à quel point ses tâches quotidiennes sont difficiles à réaliser sans source d’eau fiable.

Le cirque est vivant, coloré et très distrayant pour le public, mais il traite également de problèmes sérieux aux conséquences réelles. Un autre moment mémorable du spectacle est l’arrivée des clowns sur la scène. En voyant la quantité de déchets sur le sol, ils se mettent en colère et refusent de se produire, jusqu’à ce qu’une jeune fille se précipite sur la scène et les supplie de rester. Ils acceptent de nettoyer la ville ensemble, et au cours de leurs aventures, apprennent à adopter des habitudes saines et hygiéniques, ainsi qu’à prendre soin de l’environnement.

Dans le cadre de nos projets, nous devons essayer de comprendre le comportement des femmes et des hommes et de décortiquer les pratiques culturelles des communautés. En intégrant l’égalité hommes-femmes au programme en tant qu’objectif transversal, nous introduisons un nouveau contexte dans lequel elle peut devenir une réalité. Le plus important est de trouver un équilibre entre le respect que nous avons pour ces communautés et leur mode de vie ainsi que l’introduction de petits changements acceptables qui peuvent avoir un effet durable. »

L’eau et les moyens de subsistance

« Notre projet allait plus loin que la simple sensibilisation. Nous avons également construit des installations d’alimentation en eau et d’assainissement, telles que des systèmes d’irrigation, et nous nous sommes assurés de les rendre durables en constituant des comités pour gérer ces structures après la fin du projet. Nous avons encouragé l’embauche de femmes pour de nombreux postes de gestion importants, car nous voulions changer les rôles traditionnels qu’elles occupaient dans la communauté.

Au début, j’étais inquiète car nous risquions de donner aux femmes du travail et des responsabilités supplémentaires. Ensuite, je me suis rendu compte qu’en fait, nous étions en train de changer la manière dont les femmes étaient perçues par ces communautés : nous leur montrions qu’elles sont capables d’occuper des postes importants et de prendre des décisions.

Cela m’encourage de savoir que nous aidons les communautés en leur donnant les ressources dont elles ont besoin pour renforcer leurs capacités. Je crois vraiment que chaque communauté possède des compétences et des talents qu’elle peut mettre à profit, mais a besoin d’outils et de ressources pour y parvenir. Prenons l’exemple de ces communautés au Nicaragua : elles produisent un des meilleurs cafés au monde, et grâce à la sensibilisation et à des systèmes d’eau et d’assainissement, elles peuvent utiliser cette compétence pour créer de nouvelles entreprises et de nouvelles sources de revenus, tout cela car elles ont accès à l’eau. »