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Profils pour la Journée mondiale de l’aide humanitaire : Fiona Caldwell

« Chaque jour, je dois être prête à faire face à toute éventualité, dans la mesure où l’environnement dans lequel je travaille n’est pas complètement stable et un conflit peut surgir à tout moment. » - Fiona Caldwell, Observatrice des droits de l’homme , Bagdad, Irak

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1. Quelles sont les différentes priorités à gérer au quotidien dans le cadre de votre travail ?

Je suis observatrice des droits de l'homme à Bagdad, et je travaille auprès de personnes jouissant d'une protection internationale. Chaque jour, je dois remplir des rapports approfondis et détaillés. En plus de cela, je suis aussi chargée de répondre aux appels vers un service d'assistance téléphonique ouvert tous les jours 24 heures sur 24. Mon rôle est de répondre aux questions des résidents et d'assurer la liaison avec le gouvernement. Je dois alors rassembler et vérifier les informations et rédiger un rapport sur les problèmes quotidiens rencontrés par les résidents. C'est important pour moi de disposer des informations les plus exactes et viables possible afin d'élaborer un rapport cohérent. C'est ma priorité.

2. Qu'est-ce qui est le plus dur dans votre travail ? Qu'est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction ?

Le plus difficile dans mon travail, c'est d'établir des relations de confiance et de compréhension mutuelle avec nos bénéficiaires. Beaucoup des résidents auprès desquels je travaille souffrent de traumatismes et se considèrent comme des victimes du régime. Ils ont des difficultés à accorder leur confiance à des personnes représentant une source d'autorité. La chaleur extrême et la pression constante causée par le risque d'une menace soudaine à la sécurité ou d'une évacuation constituent pour moi les aspects les plus difficiles de mon travail.

Je pense que l'aspect le plus gratifiant est de savoir que mon équipe et moi avons réellement établi de bonnes relations et une communication efficace et positive avec les résidents et avec nos partenaires gouvernementaux.

3. Qu'est-ce qui vous a motivée à travailler dans le domaine humanitaire ?

À 17 ans, j'ai visité l'est de la Croatie, qui s'appelait alors la Slavonie orientale. J'y ai rencontré des personnes fortement touchées par la récente guerre dans les Balkans. J'ai été le témoin direct des conséquences d'un conflit sanglant et traumatisant sur une population ne bénéficiant pas du soutien économique et politique nécessaire dans une telle situation. Cela a influencé mon choix de carrière et de m'a amenée vers le domaine des droits de l'homme et de l'aide humanitaire. Mon travail me passionne et je me m'investis entièrement dans les tâches à accomplir.

4. Quelle est l'expérience la plus surprenante/inattendue que vous avez vécue sur le terrain ?

Mes activités m'amènent à visiter quotidiennement le camp et ses résidents. Chaque jour, je dois être prête à faire face à toute éventualité, dans la mesure où l'environnement dans lequel je travaille n'est pas complètement stable et un conflit peut surgir à tout moment. Je dirais que ce qui m'a le plus surprise depuis que je suis en poste en Irak est la boulangerie au sein du camp Hurriya, entièrement opérationnelle et dirigée de manière très dynamique. Cette boulangerie livre du pain et des pâtisseries à plus de 2000 résidents. Je trouve que cet établissement non seulement représente une source d'autosuffisance, mais remonte aussi le moral de cette population pour qui un sentiment de normalité et d'organisation est bénéfique.

5. Selon vous, que doivent faire les travailleurs et les organisations humanitaires pour améliorer davantage les conditions de vie des personnes démunies ?

Toutes les organisations, qu'elles soient de nature gouvernementale ou non gouvernementale, devraient mettre en place des projets pouvant être mis en œuvre à la fois au niveau local et au niveau politique. Elles devraient planifier leur budget adéquatement et tenter de fixer des échéances respectant le cadre de chaque projet. Il serait aussi incroyablement utile aux superviseurs et aux responsables politiques d'être à l'écoute du personnel sur le terrain pour tenir compte de leur vision des choses et de leurs suggestions quant à la meilleure manière de mettre en œuvre les projets et politiques. Cela leur permettrait de mieux comprendre les enjeux en termes de durabilité et de viabilité des projets.