UNOPS

Témoignages : La réussite passe par l’écoute

« On m’a demandé pourquoi je pense que ce projet a été une réussite, et la réponse est simple. » - Shamima Tasmin, Conseillère en matière d’éducation, d’égalité hommes-femmes et de participation communautaire

Shamima with school girls

​« Au Soudan du Sud, la plupart des filles qui commencent leur scolarité ne la terminent pas, comme le montre le taux élevé de décrochage scolaire dans ce pays. Selon l’UNICEF, seulement six pour cent des filles arrivent au terme de leur enseignement primaire, soit l’un des taux les plus faibles au monde.

L’UNOPS travaille en collaboration avec l’UNICEF, l’Agence des États-Unis pour le développement international et les gouvernements de l’Italie, du Royaume-Uni et des États-Unis à la construction d’écoles partout au Soudan du Sud. Les bâtiments scolaires sont conçus de manière à encourager les filles à aller en classe, avec un accès plus sûr et des toilettes non mixtes, ce qui a déjà permis de réaliser des progrès. Néanmoins, même si l’accès à l’école a été amélioré, le nombre de filles qui abandonnent leurs études reste alarmant. L’UNOPS a cherché à savoir pourquoi.

Nous savions que les filles abandonnaient l’école pour de nombreuses raisons, comme le mariage précoce, l’absence de soutien à l’école ou à la maison et le manque d’enseignantes de sexe féminin. Pourtant, lorsque j’ai discuté avec des adolescentes et que je leur ai demandé la vraie raison pour laquelle elles n'allaient pas à l’école, elles m’ont expliqué que c’était surtout à cause de leurs menstruations. Chaque mois, elles devaient manquer l’école pendant cinq jours, car elles n’avaient pas de serviettes hygiéniques. À cause de toutes ces journées d’absence, les jeunes filles prenaient du retard par rapport au reste de leur classe, ce qui leur faisait progressivement perdre intérêt et les démotivait. Finalement, beaucoup d’entre elles ont cessé d’aller à l’école.

Il s’agissait d’un sujet sensible qui n’avait jamais été abordé, mais une fois que nous avons eu ces informations, la solution était simple. Nous avons conçu et mis en œuvre un programme pour enseigner la fabrication de serviettes hygiéniques aux mères de la communauté qui étaient intéressées. Dès que les filles ont eu accès à des serviettes hygiéniques gratuites, nous avons observé une augmentation du taux de fréquentation scolaire.

 

Regardez cette vidéo qui présente notre projet au Soudan du Sud

Les femmes que nous avions formées ont ensuite appris à d’autres mères et filles intéressées à utiliser le matériel, et petit à petit elles ont été très nombreuses à détenir les compétences nécessaires pour fabriquer des serviettes hygiéniques. Grâce aux nombreuses activités du projet, notamment la participation et la sensibilisation des communautés, la formation d’enseignants, la formation agricole et la production de serviettes hygiéniques, le nombre de filles abandonnant l’école avant la huitième année a diminué de 39 pour cent.

On m’a demandé pourquoi je pense que ce projet a été une réussite, et la réponse est simple. Nous avons posé les bonnes questions, aux bonnes personnes et au bon moment, ce qui nous a aidés à concevoir un programme adapté. Nous ne sommes pas partis du principe que nous connaissions toutes les réponses.

Nous pourrions prendre la mauvaise habitude d’envisager un projet comme une course, où il faudrait franchir la ligne d’arrivée le plus vite possible. Néanmoins, il vaut mieux se concentrer sur ce qui va se passer une fois le projet terminé. Les résultats répondront-ils aux besoins de la communauté ? Les produits mis au point continueront-ils à être utilisés ? La seule manière de s’assurer que ce soit le cas est d’amener la communauté à participer d’une manière significative à toutes les étapes du projet : de l’analyse des parties prenantes, l’élaboration des notes de projet, la conception et la mise en œuvre jusqu’au suivi et à l’évaluation. Nous devons comprendre les besoins des communautés, en partant de leur point de vue.

Le modèle de participation communautaire que nous avons employé pour ce projet a servi à élaborer un ensemble d’outils que tous les projets de l’UNOPS sont en train d’adopter.

Il y a tant de choses dont je suis fière par rapport à ce projet, et tant de régions au Soudan du Sud où des efforts sont déployés en faveur des filles et de l’éducation. Toutefois, c’est le potentiel des outils de participation communautaire qui m’enthousiasme le plus, car ils aideront à améliorer le travail de l’UNOPS dans son ensemble. »

L’approvisionnement actuel en serviettes hygiéniques, gratuites ou à prix réduit, est pris en charge par un autre volet de ce projet de l’UNOPS au Soudan du Sud.