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Témoignages : Reconstruire après les inondations en Serbie

« Nous avons déjà vécu des inondations en Serbie, mais jamais de cette ampleur. En quelques heures, l’eau est montée jusqu’aux toits. Les écoles, les foyers et les commerces ont été dévastés, touchant des milliers de personnes. Notre intervention se devait d’être économique, efficace et, par-dessus tout, rapide. » - Olivera Kostic, responsable sectorielle en matière de compétitivité pour le programme européen « PROGRES » et responsable par intérim du projet de secours aux victimes des inondations, financé par l’UE, au bureau de l’UNOPS en Serbie.

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Un tiers de la Serbie a été touché par les inondations en mai 2014. Dans certaines municipalités, le niveau de l'eau n'a pas diminué pendant plus d'un mois. Dans d'autres zones, des glissements de terrain ont entièrement retourné certaines maisons. Un mois plus tard, beaucoup d'habitants vivaient toujours sans électricité ni eau courante, dont plus de 600 personnes sous des abris temporaires.

Je travaille pour l'UNOPS depuis 18 mois et j'ai été détachée de mon poste de responsable sectorielle en matière de compétitivité pour le programme européen PROGRES à celui de responsable de projets par intérim dans le cadre des secours aux victimes des inondations. Je suis Serbe et j'ai travaillé durant toute ma carrière ici, mais passer de l'assistance technique à l'intervention d'urgence a été un défi de taille : quand vous travaillez pour des programmes de développement à long terme, il n'y a pas la pression de devoir obtenir des résultats immédiatement. Nous devions également nous assurer de donner la priorité aux personnes les plus vulnérables et possédant des ressources très limitées. Dans la mesure où nous sommes l'un des principaux partenaires de mise en œuvre de l'initiative conjointe du gouvernement serbe et de l'UE, nous nous concentrons sur un grand nombre de chantiers de construction : nous disposons d'une année pour réhabiliter plus de 30 écoles et hôpitaux, reconstruire des routes, construire au moins 70 logements privés et en reconstruire 300 autres. L'échéance est très courte au vu de l'ampleur de la tâche.

L'année scolaire débute le 1er septembre en Serbie, et nous avions une forte pression pour faire en sorte que les bâtiments scolaires soient prêts à accueillir les élèves. Au commencement des travaux, les fenêtres de l'école ressemblaient à des aquariums ; il y avait même de l'eau ruisselait entre les vitres. Toutefois, ce fut incroyable de voir la manière dont tous les acteurs, du secteur privé comme public, se sont mobilisés pour soutenir les opérations de relèvement. Tandis que les étages supérieurs étaient en cours de reconstruction, les professeurs aidaient à récupérer des meubles recyclables et à nettoyer les débris dans les étages inférieurs. Nous avons réussi à permettre aux enfants de reprendre l'école à temps, en utilisant les classes des étages supérieurs, pendant que nous rénovions les étages inférieurs.

Gérer les attentes des donateurs et des bénéficiaires présentait un défi, puisque nous étions souvent confrontés à des choix difficiles. Par exemple, dans la municipalité d'Obrenovac, l'une des zones les plus touchées, plus de 5000 foyers étaient endommagés ou détruits. Nous n'avions les fonds nécessaires que pour répondre aux besoins d'un nombre bien plus réduit de familles, et dans des délais très brefs. Heureusement, notre personnel est expérimenté et compétent, et notre donateur, l'Union Européenne, est très flexible et d'un grand soutien. Cela nous a permis de partager des ressources entre le programme européen PROGRES et le projet de secours aux victimes des inondations. Grâce à cela, nous avons gagné beaucoup de temps et nous avons pu fournir des équipements essentiels et signer des contrats avec des fournisseurs locaux rapidement.

Outre les difficultés anticipées, nous devions surmonter des obstacles inattendus : les grandes quantités de boue et d'eau avaient détruit les archives papier de gouvernements locaux et d'entreprises de services publics, ce qui compliquait les tâches administratives de base. L'excellente relation de travail que nous avons établie avec nos partenaires a sans aucun doute atténué les difficultés qui se dressaient pour relever ces défis.

Un bureau gouvernemental a été créé pour redresser la situation après les inondations, et l'UNOPS aide actuellement à renforcer les capacités locales en proposant des conseils en matière de communication et de sensibilisation ainsi qu'en améliorant les services de ressources humaines du bureau. Bien que ce bureau soit temporaire, en cas de futures catastrophes naturelles, le gouvernement serbe sera mieux équipé pour intervenir, et n'aura peut-être pas besoin du soutien de l'UNOPS. Idéalement, notre travail est de rendre nos services inutiles ultérieurement.

L'une des motivations qui m'ont amenée à rejoindre l'UNOPS était l'idée de vraiment changer les choses : nous ne reconstruisons pas juste des maisons, nous reconstruisons des foyers. L'UNOPS a été choisi comme partenaire pour ce projet grâce au succès de ses précédents projets dans la région, et ses trois domaines d'expertise, la gestion de projets, les infrastructures et les achats, sont trois composantes essentielles à la réussite de ce projet.