The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

Bâtir un monde qui ne laisse personne pour compte

Des infrastructures inclusives sont essentielles au développement durable. Des spécialistes de l’UNOPS expliquent pourquoi.

Les populations du monde entier dépendent des infrastructures. Les infrastructures de transport facilitent l’accès à la nourriture, à l’emploi ou aux services de santé ; les infrastructures hydrauliques permettent d’accéder à l’eau potable et d’irriguer les terres ; les infrastructures liées au logement apportent un sentiment de protection et un endroit stable pour vivre.

Les infrastructures sont le fondement du développement : elles sont essentielles pour le bien-être et le respect de la dignité humaine.

Qu’entend-on par infrastructures inclusives ?

Les infrastructures inclusives tiennent compte des besoins de tous les bénéficiaires, notamment des personnes marginalisées et des personnes vulnérables.

Mais que se passe-t-il quand elles ne prennent pas en compte les besoins de tous les utilisateurs ? Que se passe-t-il quand les infrastructures, qui sont essentielles à la vie quotidienne, ne sont pas accessibles ou abordables pour tous et toutes ?

Les infrastructures, initialement conçues pour améliorer la qualité de vie de leurs utilisateurs, ne sont pas toujours accessibles à tous.

Le domaine des infrastructures requiert des investissements d’environ 97 mille milliards de dollars d’ici à 2040 à l’échelle mondiale pour soutenir le développement durable, dont les deux tiers devront être destinés aux pays en développement. Ces investissements devront être réfléchis afin que les bénéficiaires en tirent profit de manière équitable et qu’un développement inégal ne nuise pas aux générations futures.

Les infrastructures doivent être inclusives dans leur planification, leur conception et leur construction, et il en va de même de la gestion des services fournis. Il est également important de s’assurer que les infrastructures sont adaptées aux besoins des populations bénéficiaires.

Si les infrastructures ne sont pas inclusives et adaptées, les services deviennent inaccessibles pour les groupes marginalisés ou vulnérables, notamment les femmes, les personnes âgées, les personnes atteintes de handicaps physiques et les personnes économiquement défavorisées, ce qui limite leurs possibilités de développement.

Prenons l’exemple des infrastructures de transport.

Dans les zones urbaines, les routes sont généralement conçues pour réduire les embouteillages, et répondent en priorité aux besoins des conducteurs, qui disposent souvent de revenus élevés. Les personnes qui ne disposent pas des moyens financiers pour s’acheter une voiture se déplacent à pied ou en vélo, mais malheureusement, dans beaucoup de villes, les trottoirs et les pistes cyclables sont inexistants ou inadaptés. Si la conception des routes tenait compte de ces besoins, les populations pourraient accéder à l’emploi, à l’éducation et aux services de santé de manière plus sûre.

Les lignes de métro visent quant à elles à offrir un service de transport moins coûteux. Cependant, l’accès des personnes âgées ou des personnes atteintes de handicaps physiques peut être limité si les stations de métro ne sont pas équipées d’ascenseurs pour les personnes en fauteuil roulant ou pour les personnes à mobilité réduite. Des infrastructures de transport public adaptées pourraient faciliter l’accès des personnes âgées aux services de santé vitaux et l’accès des personnes atteintes de handicaps physiques à l’éducation et aux possibilités économiques.

En outre, les transports publics ne tenant pas compte des questions de genre peuvent compromettre la sécurité des femmes et les exposer au harcèlement sexuel, verbal ou physique. Par exemple, les femmes sont particulièrement vulnérables lorsqu’elles attendent à des arrêts de bus ou des stations de métro ou de train qui ne garantissent pas des conditions de sécurité adéquates ou qui sont peu éclairés. Par conséquent, les femmes qui veulent se protéger contre le harcèlement sont susceptibles de ne plus utiliser les infrastructures pourtant conçues pour leur donner accès à l’éducation et à des possibilités d’emploi, ce qui peut restreindre leur développement économique.

Les exemples ci-dessus s’appliquent également à d’autres types d’infrastructures, notamment les installations d’alimentation en eau et d’assainissement, les écoles ou les hôpitaux.

Des solutions pratiques doivent être ancrées dans les étapes de planification, de construction, de gestion et d’entretien des infrastructures pour garantir qu’elles sont inclusives et qu’elles répondent aux besoins de tous les bénéficiaires.

La collaboration avec une multitude de parties prenantes représentatives des utilisateurs, à chaque étape des projets d’infrastructures, est l’une des mesures fondamentales à adopter. Ainsi, les différents acteurs disposent des informations pertinentes et participent à la prise de décisions. Cette collaboration permet en outre de connaître les attentes des bénéficiaires et leur avis sur les résultats des projets.

Les infrastructures : la fondation des Objectifs de développement durable

L’évaluation des besoins dès le début d’un projet permet de mieux comprendre les exigences spécifiques des personnes qui bénéficieront des infrastructures, notamment des personnes vulnérables, et d’adapter la conception en conséquence.

L’évaluation des besoins doit être suivie de l’élaboration et de la mise en œuvre d’un plan d’action qui s’attaque aux contraintes et exploite les possibilités qui auront été identifiées.

Ces mesures permettent de répondre aux besoins des populations les plus vulnérables, afin de créer des possibilités pour les personnes marginalisées et exclues. Les infrastructures inclusives agissent donc comme un catalyseur dans la réduction de la pauvreté et des inégalités, favorisant la croissance économique et garantissant que les populations tirent équitablement profit des investissements réalisés dans les infrastructures.


À lire également