The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

Des millions de personnes menacées après trois semaines de guerre au Moyen-Orient

Déclaration de Jorge Moreira da Silva, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif de l’UNOPS

De graves perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et les voies de transport maritime pèsent sur la disponibilité et les prix de produits de première nécessité, augmentant ainsi les privations et la vulnérabilité.

L’escalade au Moyen-Orient continue d’avoir des effets dévastateurs sur les populations civiles et les moyens de subsistance s’accompagnant de répercussions mondiales.

Près d’un mois après le début de cette guerre dévastatrice, les conséquences sont considérables et dépassent les frontières des pays touchés par le conflit, secouant l’économie mondiale dans un contexte de hausse exponentielle des prix du pétrole, du carburant et du gaz.

Les perturbations et la fermeture de l’espace aérien, de voies de transport, de routes maritimes et des principaux points de passage de l’aide humanitaire dans le Moyen-Orient nuisent aux opérations humanitaires et aux chaînes d’approvisionnement commerciales, influant notamment sur la disponibilité et les prix de produits pharmaceutiques et de produits de première nécessité.

Le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un quart du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime, ainsi que de volumes importants de gaz naturel liquéfié et d’engrais. Les attaques contre des navires commerciaux, des navires échoués et le personnel marin mettent en péril l’acheminement d’articles de première nécessité, risquent de faire monter les prix des denrées alimentaires et mettent un peu plus sous pression sur des systèmes de santé fragiles. À Gaza, les restrictions d’accès limitent l’entrée de fournitures vitales et entravent les opérations humanitaires.

Des pays en développement d’Asie et le continent africain sont probablement les plus durement touchés. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz compromettent l’approvisionnement en énergie. Les marchés des engrais sont également touchés, ce qui menace la sécurité alimentaire dans des pays où la famine ou l’insécurité alimentaire sont les plus élevées, notamment au Soudan, au Soudan du Sud, en Afghanistan, au Yémen et en Somalie. Au cours de l’année, plusieurs dizaines de millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la faim à l’échelle mondiale. L’expansion de la guerre dans le Golfe pourrait également menacer les flux de fonds, principalement à destination de l’Asie du Sud.

Le monde n’a jamais été aussi violent qu’aujourd’hui depuis la Seconde Guerre mondiale. Le nombre de personnes déracinées et forcées de fuir leur foyer augmente d’heure en heure. Un million de personnes sont maintenant déplacées au Liban et 3,2 millions de personnes supplémentaires sont déplacées en Iran. La population de la région continue de rechercher la sécurité. Dans la plupart des pays, aucun lieu n’est sûr, car les écoles, les établissements de santé et les foyers sont constamment attaqués.

Les populations vulnérables au Moyen-Orient et ailleurs ont suffisamment souffert. Après des décennies de troubles, de guerres répétées, de stagnation économique, de sanctions et de crises socioéconomiques, les populations de la région méritent la paix, la stabilité et le développement durable. Elles en ont besoin.

Il n’existe pas de solution militaire. Le seul moyen de mettre fin à ce chaos et à la souffrance des populations est de parvenir à une solution diplomatique et pacifique, et de mettre en œuvre toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.


Remarques à l’intention des services de rédaction 

  • Pour plus de détails, veuillez consulter le rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement intitulé « Strait of Hormuz disruptions: Implications for global trade and development ». 

  • Selon le Programme alimentaire mondial, environ 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la faim aiguë cette année si le conflit persiste. 

  • Le point de passage de Kerem Shalom/Karem Abu Salem a été rouvert afin de permettre un ravitaillement limité en carburant et en fournitures humanitaires, et l’UNOPS continue de fournir du carburant.

Demandes des médias

Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec :

  • Juliette Touma, directrice des communications de l’UNOPS, +45 53 52 01 27 – juliettet@unops.org

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