The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

Les voies de la sécurité alimentaire au Soudan du Sud

Une route n’est pas seulement un moyen de se rendre d’un lieu à un autre. Pour certaines communautés du Soudan du Sud, une route représente un accès vital aux marchés, à l’alimentation et à des services essentiels.

Des années de conflit violent, des déplacements de population et des perturbations des échanges commerciaux ont mené à des niveaux d’insécurité alimentaire extrêmement élevés au Soudan du Sud. Près de sept millions de personnes, soit 60 pour cent de la population, ont du mal à obtenir suffisamment de nourriture chaque jour.

La majorité des habitants et habitantes du Soudan du Sud survit grâce à une agriculture de subsistance, en cultivant une parcelle et en élevant du bétail uniquement pour satisfaire leurs propres besoins alimentaires. Toutefois, le potentiel agricole du pays est immense : environ 75 pour cent de son territoire est cultivable.

Les communautés agricoles ont des difficultés à sortir du schéma de l’agriculture de subsistance. La majeure partie de l’année, les agriculteurs et les agricultrices ne peuvent accéder aux marchés et n’ont pas la possibilité de s’éloigner de leurs communautés. Les routes sont impraticables pendant la saison des pluies, tandis qu'en période sèche, les déplacements sont longs et coûteux en raison de la mauvaise qualité des routes.

Soudan du Sud

Afin d’améliorer la sécurité alimentaire ainsi que de favoriser le commerce et le développement des marchés, l’UNOPS a construit des routes de desserte, c’est-à-dire des routes secondaires permettant d’atteindre de grands axes routiers, grâce à un financement de 44 millions d’euros accordé par l’Union européenne.

« L’Union européenne veut s’assurer que les routes de dessertes sont rattachées aux routes principales. Cela améliorera la sécurité et permettra de faire parvenir des biens et des services dans toutes les régions du pays », précise Christian Bader, ambassadeur de l’Union européenne au Soudan du Sud.

Dans le cadre de ce projet, quatre marchés et plus de 170 kilomètres de routes de desserte ont été construits dans les États de Warrab, des Lacs, du Bahr el Ghazal du Nord et du Bahr el Ghazal occidental.

Désormais, les routes sont praticables tout au long de l’année, ce qui permet aux agricultrices et aux agriculteurs d’aller vendre leurs produits sur les marchés quelles que soient les conditions météorologiques.

DE NOMBREUX EFFETS POSITIFS

Grâce à ces nouvelles routes de desserte, Abuk Deng Alue, une agricultrice de Mayom Angok, peut plus facilement vendre ses excédents de production et gagner de l’argent pour acheter d’autres produits.

« Nous avons traversé la rivière pour venir vendre des gombos et des feuilles de courge sur ce marché », indique Abuk. « Depuis la construction de la nouvelle route, nous avons accès à une nouvelle clientèle et j’ai vendu énormément de gombos à beaucoup de personnes, ce qui est un vrai changement. »

Par ailleurs, davantage de personnes se rendent au marché d’Ayien Amoul pour acheter des arachides, du poisson et d’autres produits agricoles locaux. Les marchés ne sont toutefois pas les seuls à connaître un gain d’activité ; les nouvelles routes de desserte ont aussi des effets positifs sur les commerces locaux.

« L’activité de mon petit restaurant est en plein développement, car chaque jour de marché m’amène de nouvelles personnes », observe Angong Deng Tor, propriétaire d’un restaurant à Ayien Amoul.

Les routes de desserte ont amélioré l’accès aux marchés, mais également à d’autres services.

Grâce à la nouvelle route, nous pouvons emmener les personnes malades et les femmes enceintes au dispensaire ou à l’hôpital à n’importe quelle heure. »

Deng Deng Yiel - agriculteur à Mayom Angok

Construites avec des matériaux fournis principalement par les communautés locales, les nouvelles routes de desserte ont également renforcé le sentiment de sécurité dans les régions concernées.

Une approche participative

Des centaines de personnes ont pris part aux discussions concernant les lieux de passage des nouvelles routes de desserte. Les membres des communautés ont ainsi pu poser des questions concernant le projet et approuver les tracés des routes qui devaient traverser des lieux communautaires importants.

« La route a amélioré la sécurité dans la région, et de nombreuses personnes peuvent se déplacer à des heures tardives, ce qui était impossible par le passé », souligne Simon Garang Dengand, chef suprême du comté de Marial Bai.

Afin de garantir la durabilité à long terme des effets positifs des routes de desserte, l’UNOPS forme également des ingénieurs et ingénieures d’État de nationalité sud-soudanaise afin de leur permettre d’assurer l’entretien de ces routes à l’avenir.

« L’UNOPS travaille avec des communautés et des institutions afin de transmettre les connaissances et les compétences indispensables pour garantir la durabilité de ces infrastructures », explique Peter Mutoredzanwa, directeur du bureau l’UNOPS au Soudan du Sud et représentant de l'organisation dans le pays.

Des membres des communautés locales ont travaillé à la construction des routes. Ce projet a permis à une partie de la population, en particulier à des jeunes, d’acquérir les compétences requises pour devenir conducteurs, conductrices ou géomètres, manier des équipements de construction ou travailler dans la maçonnerie.

« Je voulais devenir ingénieur pour aider mon peuple au Soudan du Sud », raconte Deng Tong Ngor, un ingénieur civil qui s’est formé dans le domaine de la conception en travaillant sur ce projet. « Désormais, je peux appliquer ce que j’ai appris ici à d’autres projets, et je peux fournir un travail de haute qualité. »


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