The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

La distance à parcourir afin de se rendre à l’hôpital peut mettre en danger la vie de femmes enceintes dans les régions rurales du Myanmar.

Des conditions de transport difficiles

Des conditions de transport difficiles

Arrivée au terme de sa cinquième grossesse, Daw Mana Kee Pai a commencé à ressentir des contractions et des douleurs anormales annonçant des complications lors de son accouchement.

« J’ai été immédiatement chercher la sage-femme de notre village lorsque j’ai aperçu la main du bébé. Nous avions très peur », raconte U Gee Tung Mon, le mari de Kee Pai. La sage-femme a dit à Kee Pai de se rendre immédiatement à l’hôpital de Mindat, situé à plusieurs heures du village.

Kee Pai devait être emmenée d’urgence, mais le bus se rendant à Mindat ne passe que deux fois par semaine à Lon Pang, et le conducteur attend généralement les passagers pendant plusieurs heures avant de partir.

Tung Mon a réussi à convaincre le conducteur de partir immédiatement pour l’hôpital. Il avait des raisons de s’inquiéter, la vie de sa femme et celle de leur bébé étaient en danger.


282
Ratio de décès maternel
Ratio de décès maternel (estimation pour 100 000 naissances vivantes)

Le ratio de mortalité maternelle au Myanmar est de 282 décès pour 100 000 naissances en vie. Il s’agit du ratio le plus élevé en Asie du Sud-Est1. Près de 87 pour cent des décès maternels surviennent en zones rurales, où les infrastructures sont insuffisantes et l’accès aux services de santé reproductive est limité2.


1 Source : Recensement de la population du Myanmar
Source : FNUAP

Un accouchement à risque

Un accouchement à risque


Dès son arrivée à l’hôpital, Kee Pai a été admise dans le service de chirurgie.

« Votre femme peut survivre à l’accouchement, mais la condition de votre bébé est préoccupante. Nous ferons tout notre possible pour qu’ils restent en vie », a annoncé le médecin à Tung Mon.

« Je me suis mis à prier en attendant devant la salle d’opération », raconte Tung Mon.

​ ...mais la condition de votre bébé est préoccupante. ​»

- Le docteur qui a examiné Kee Pai

Grâce à un programme de transfert d’urgence du Three Millennium Development Goal Fund (3MDG), des femmes présentant des grossesses à risques et vivant dans des régions isolées comme Kee Pai peuvent rapidement être admises à l’hôpital lors d’urgences.

Le coût des soins dispensés dans les hôpitaux peut être très élevé pour les personnes vivant en zone rurale, surtout lorsqu’il s’agit d’urgences touchant à la santé maternelle ou infantile. Le programme de transfert d’urgence prend en charge les frais de transport et de repas de la patiente et d’un accompagnant, ainsi que d’autres frais éventuels. Ce programme vient ainsi en aide aux familles ayant des difficultés financières et les encourage à solliciter des soins médicaux en cas d’urgence.

Aux yeux de Kee Pai, le programme de transfert d’urgence a permis de sauver sa vie et celle de son fils, Pascal. « Le docteur a dit que j’avais subi une rupture utérine et que le bébé et moi aurions pu mourir si j’avais mis plus de temps pour arriver à l’hôpital », raconte Kee Pai.

Depuis, Kee Pai et son mari ont eu un sixième enfant. Les enfants prennent soin de leur petit frère, et ils vont souvent jouer dehors avec Tung Mon afin que Kee Pai se repose.


Le rôle des sages-femmes

Le rôle des sages-femmes


Dans certaines régions difficiles d’accès du Myanmar, obtenir des soins médicaux peut représenter un véritable défi. Dans l’État de Chin par exemple, le terrain est tellement accidenté que certains habitants doivent marcher pendant quatre jours pour arriver à l’hôpital le plus proche.

Le programme du 3MDG dédié à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants permet aux femmes enceintes de recevoir la visite d’une sage-femme au moins quatre fois au cours de leur grossesse afin qu’elles reçoivent des traitements adaptés dès les premières semaines.

Des sages-femmes comme Daw Naing Ngai Awi exerçant dans les villages recueillent les antécédents médicaux des femmes enceintes lors de leur première consultation prénatale.

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Ngai Awi n’avait jamais pensé devenir sage-femme. À la suggestion de son père, elle a suivi un programme de formation, et après avoir été témoin des effets positifs du travail des sages-femmes au quotidien, elle s’est découvert une passion.

« Il s’agit d’un travail remarquable qui permet de sauver beaucoup de vies », explique-t-elle. « Les mots me manquent pour décrire ce que je ressens quand je vois des mères et des nouveau-nés en bonne santé après un accouchement difficile. »

Grâce au soutien du 3MDG et de partenaires de mise en œuvre, les sages-femmes peuvent effectuer davantage de visites médicales. Lors des consultations, elles demandent aux patientes qui ont déjà eu des enfants de leur donner des informations sur leurs précédents accouchements et de leur montrer des cicatrices qui pourraient indiquer la pratique d’une césarienne. Cet examen permet d’anticiper d’éventuelles complications et de les orienter vers un hôpital en cas de besoin.

Les activités de prévention menées par les sages-femmes contribuent à augmenter les chances de survie des mères et des bébés lors d’accouchements difficiles.

Détails du projet

Détails du projet

Le programme de transfert d’urgence du Three Millennium Development Goal Fund (3MDG) est mis en œuvre dans 41 communes du Myanmar. Beaucoup de personnes rencontrent des difficultés pour accéder aux services de santé, que ce soit en raison de la distance à parcourir jusqu’à l’hôpital le plus proche, du coût des soins, d’idées reçues sur les services de santé, du manque de confiance envers les médecins, de la stigmatisation associée à certaines maladies, ou encore de la discrimination envers certaines communautés.

Le programme de transfert d’urgence du 3MDG a été mis en place afin d’éliminer ces obstacles et d’aider les professionnels de la santé à orienter les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans vers les soins d’urgence dont ils peuvent avoir besoin. Entre 2013 et 2017, plus de 55 000 femmes enceintes vivant dans les communes où le programme 3MDG est mis en place ont été orientées vers des services d’urgence.

Le programme de transfert d’urgence est mis en place en partenariat avec le ministère de la Santé et des Sports du Myanmar, la Croix-Rouge danoise et la société de la Croix-Rouge au Myanmar. Le 3MDG est soutenu par les gouvernements des États-Unis d’Amérique, du Royaume-Uni, de la Suède et de la Suisse. L’UNOPS est le gestionnaire du 3MDG au Myanmar.


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