The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

Lutter contre la précarité au Soudan du Sud

Marquée par le début de la pandémie, l’année 2020 a été particulièrement difficile pour une part importante de la population du Soudan du Sud, qui subit encore aujourd’hui les conséquences de la COVID-19.

Au Soudan du Sud, comme dans le reste du monde, beaucoup de familles vulnérables et à faible revenu peinent à faire face aux conséquences prolongées de la pandémie. Des inondations, des invasions de criquets et un taux d’inflation élevé ont également accentué l’insécurité alimentaire dans de nombreuses régions du pays.

En vue de remédier à cette situation, l’UNOPS met en œuvre un projet de protection sociale pour le compte du gouvernement sud-soudanais, grâce à un financement de 40 millions de dollars de la Banque mondiale.

Ce projet s’appuie sur une combinaison de travaux publics à haute intensité de main-d’œuvre et de subventions directes pour fournir un soutien économique et des revenus temporaires à plus de 65 000 foyers vulnérables et à faible revenu, soit près de 430 000 personnes.

En outre, dans le cadre de ce projet, des formations sont organisées en matière de connaissances financières, de nutrition, de développement de la petite enfance ainsi que d’hygiène et d’assainissement, dans le but de renforcer les compétences et la résilience des communautés.

Fournir des sources de revenus

  • +12 000
    foyers dirigés par des femmes

  • +2000
    foyers dirigés par des personnes handicapées

  • +3000
    foyers dirigés par des personnes âgées

Relier les communautés aux services

Situé dans le sud-est du Soudan du Sud, le village de Lochwa subit presque chaque année des famines provoquées par de longues périodes de sécheresse. Le village est entouré de plusieurs montagnes, ce qui l’empêche de bénéficier de services humanitaires et de développement.

« Nous n’avons ni point d’eau, ni hôpital, ni école, ni centre de nutrition », explique Nawi Lucia Lobeyo, une dirigeante du village. « Nous sommes complètement coupés du monde, et ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour survivre. »

Des travaux publics à haute intensité de main-d’œuvre visant à dégager une ancienne route qui dessert Lochwa contribuent à améliorer l’accès à des services essentiels et à atténuer certaines des difficultés rencontrées par cette communauté isolée.

« Depuis que nous avons commencé les travaux sur cette route, pour la première fois des organisations non gouvernementales ont commencé à venir évaluer nos besoins. Avant le début de ce chantier, une telle chose était impossible », raconte Joseph Lotabo Nakube, un habitant de Lochwa.

Des activités semblables sont mises en œuvre dans huit comtés du Soudan du Sud, dans le cadre du projet de protection sociale.

Comme Lochwa, le village de New Site était isolé du reste du comté en raison du mauvais état des infrastructures routières.

« Puisqu’il n’y avait aucune route pour nous relier au reste du comté, les déplacements étaient limités. Il fallait marcher sept à huit heures pour arriver à Narus Boma et accéder aux services », témoigne Aliman Ali, qui supervise les travaux de construction d’une nouvelle route entre New Site et Narus Boma.

Cette route nous donne de l’espoir. »

Aliman Ali - habitant du village de New Site et chef d’équipe dans le cadre de la construction de la route

« Dès que la route a été ouverte, nous avons observé de nombreux changements dans notre communauté. Nous recevons maintenant la visite d’organismes humanitaires », se réjouit Aliman Ali. « Des transports publics ont également été mis en place, ce qui permet de se rendre en toute sécurité à Narus Boma, de transporter des marchandises et de faire venir des services. »

Les revenus au Soudan du Sud

Selon la Banque mondiale, le revenu national brut du Soudan du Sud était de 1080 dollars par habitant ou habitante en 2015.

Autonomiser les communautés locales

À Djouba, la capitale du Soudan du Sud, la pandémie de la COVID-19 et ses conséquences économiques ont perturbé le quotidien et compromis les moyens de subsistance de milliers de personnes.

« Les conditions de vie de ma famille étaient déjà difficiles, et la COVID-19 a empiré notre situation », raconte Hellen Regina Elia, une habitante du quartier de Hai Game. « Nous n’avions ni eau ni nourriture, et élever nos enfants était une grande source d’inquiétude. »

« L’année 2020 a été très éprouvante pour moi. J’avais des difficultés à gagner de l’argent pour prendre soin de ma femme et mes deux enfants », affirme pour sa part Marko Loboi Karlo, qui vit dans le quartier de Khor Woliang.

Dans le cadre du projet, afin d’aider Hellen, Marko et d’autres personnes se trouvant dans des situations semblables à se relever et à renforcer leur résilience face aux crises futures, 361 dollars ont été distribués sur une période de sept mois à chaque foyer concerné.

Hellen, qui souffre d’hypertension et d’ulcères, a utilisé la somme reçue pour accéder à un traitement et soutenir sa famille.

Dès que j’ai reçu l’argent du projet, j’ai acheté les médicaments dont j’avais besoin. J’ai aussi fait des stocks de nourriture pour ma famille. »

Hellen Regina Elia - une habitante du quartier de Hai Game

Marko a utilisé l’argent pour nourrir sa famille et réparer sa machine à coudre, qui était défectueuse.

« Ma machine à coudre fonctionne bien et je suis très occupé, en particulier pendant la période festive, à coudre des vêtements pour ma clientèle », précise-t-il en souriant.

À propos du projet

Le projet de protection sociale au Soudan du Sud fournit un accès fiable à des sources de revenus et à des emplois temporaires pour près de 430 000 personnes dans des communautés vulnérables de dix comtés : Bor, Djouba, Gogrial Ouest, Kapoeta Est, Melut, Pibor, Raga, Tonj Sud, Torit et Yei. Ce projet est financé par l’Association internationale de développement de la Banque mondiale et mis en œuvre par l’UNOPS pour le compte du gouvernement du Soudan du Sud.

D’une valeur de 40 millions de dollars, ce projet inclut des travaux publics à haute intensité de main-d’œuvre, un soutien direct aux revenus et des formations portant sur divers thèmes, notamment les connaissances financières, la nutrition, le développement de la petite enfance ainsi que les bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement.


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