The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

En route pour un avenir meilleur

Des infrastructures de qualité sont vitales pour soutenir le processus de relèvement au Darfour.

Le saviez-vous ?

Le Soudan est l’un des cinq plus importants producteurs de cacahuètes au monde. Il exporte 14 pour cent de l’offre mondiale. Des infrastructures routières en bon état sont essentielles pour faciliter le transport des biens et assurer les moyens de subsistance de la population.

Chaque année, pendant la saison des pluies, les communautés d’Ed Daein, dans l’État soudanais du Darfour-Oriental, doivent surmonter des difficultés pour accéder à des services essentiels tels que l’éducation, les marchés et les soins de santé. Les routes sont sujettes aux inondations, isolant des communautés entières et exposant la population à d’importants risques sanitaires provenant des moustiques attirés par les mares d’eau stagnante.

Ces défis ne concernent pas uniquement Ed Daein, mais la totalité du Darfour, où les communautés s’installent traditionnellement le long des cours d’eau saisonniers, appelés wadis. De nombreuses routes traversent ces cours d’eau asséchés, qui ne se remplissent qu’à la saison des pluies.

« Nous devions placer des briques et des sacs de sable sur le sol pour pouvoir traverser. On risquait de glisser ou de tomber sur les briques. C’était boueux. Nos enfants chutaient à chaque fois qu’ils essayaient de traverser. Les véhicules lourds s’embourbaient », explique Alhassan Almaki Ahmed, un résident d’Ed Daein.

Pour Alhassan, un marchand qui exporte des cacahuètes, des routes en bon état sont essentielles pour son entreprise, qui dépend de camions lourds pour transporter des milliers de tonnes de cacahuètes chaque année vers la capitale du Soudan, Khartoum.

« C’est fondamental pour les êtres humains de pouvoir voyager. Cela nous rapproche. Des routes en bon état nous permettent de transporter nos biens plus facilement. »


– Alhassan Almaki Ahmen, résident d’Ed Daein

Dans le cadre d’un projet financé par le Fonds du Qatar visant à améliorer l’état des routes au Darfour, l’UNOPS a collaboré avec l’Organisation internationale du Travail pour construire des ponceaux à plus de 20 points de passage. Ces voies d’écoulement permettent de prévenir l’inondation des routes et d’améliorer l’accès à des services essentiels pour plus de 2 millions de personnes.

« Les camions peuvent à présent traverser sans encombre. Même au cours de la saison des pluies, les gens peuvent travailler ou aller au marché, et les enfants aller à l’école », raconte Alhassan.

De meilleurs soins de santé

Alors que le Darfour se remet lentement d’années de conflit armé, améliorer les infrastructures essentielles est vital pour soutenir la région dans sa transition de l’assistance humanitaire vers le relèvement et le développement.

« À la suite d’un important conflit armé, les infrastructures du Darfour ont un besoin critique d’être réhabilitées et reconstruites. De nombreuses infrastructures telles que des écoles, des réseaux d’alimentation en eau, des hôpitaux et des routes ont été détruites ou sont aujourd’hui délabrées », indique Ismail Mohamed Abbas, ingénieur principal de projet pour l’UNOPS au Soudan.

À l’hôpital principal d’Ed Daein, qui traite jusqu’à 150 000 personnes chaque année, un manque d’espace pour les traitements postopératoires amenait souvent à des chambres surpeuplées.

« Par le passé, nous placions les hommes et les enfants dans les mêmes services. Pour les femmes, c’était la même situation. Ce sont maintenant des services séparés », commente Nataly Teirab, une infirmière avec 17 ans de carrière qui travaille dans le service de chirurgie pour homme.

« L’âme humaine est très précieuse. Voir quelqu’un faible et malade, et sauver la vie de cette personne… Ce n’est pas une chose facile à faire. Si j’entends parler d’un accident et que je suis en congé, je retourne au travail pour aider. »


– Nataly Teirab, infirmière à l’hôpital principal d’Ed Daein

Certaines semaines, Nataly peut s’occuper de près de 20 patients, parmi lesquels beaucoup ont besoin de traitements d’urgence à la suite de conflits mineurs. Selon elle, la période des récoltes est le moment où le service est le plus occupé, entre octobre et février, car des bagarres peuvent éclater entre des éleveurs et des agriculteurs au sujet de ressources naturelles limitées.

Avoir des établissements adéquats pour répondre à ces urgences est crucial pour sauver des vies. Faisal Adam Ahmed, responsable de district au ministère de la Santé du Darfour-Oriental, explique : « Nous avons fait beaucoup de chemin en matière de soins et de traitements pour les patients. Nos établissements de santé s’améliorent petit à petit, mais il reste évidemment beaucoup à faire pour s’assurer que la population reçoit les meilleurs soins. » 

Afin d’améliorer les services de santé à l’hôpital principal d’Ed Daein, l’UNOPS a construit en collaboration avec ONU-Habitat et le ministère soudanais de la Santé un service supplémentaire de soins postopératoires, utilisé en tant que service principal de chirurgie pour les hommes, ainsi qu’un nouveau bloc opératoire. La maternité de l’hôpital a aussi été remise à neuf. En outre, deux établissements de santé ruraux ont été construits au Darfour-Oriental, et deux autres hôpitaux ont été réhabilités.

À propos des projets

Le Fonds des Nations Unies pour le relèvement, la reconstruction et le développement au Darfour a été créé à la suite de la signature du Document de Doha pour la paix au Darfour en 2011, visant à soutenir le Darfour dans sa transition de l’assistance humanitaire vers le relèvement et le développement.

Avec le financement du Fonds du Qatar, l’UNOPS travaille sur un éventail de projets d’infrastructures aux quatre coins du Darfour pour soutenir les efforts de relèvement et faciliter le processus de transition.

Dans le cadre d’un projet de réhabilitation et de construction de routes de desserte et de points de passage au Darfour, mis en œuvre en partenariat avec l’Organisation internationale du Travail, 23 ponceaux ont été construits à d’importants points de passage, ce qui a amélioré l’accès à des services essentiels pour plus de 2 millions de personnes.

Un deuxième projet, prévoyant l’amélioration des services sanitaires de base et la réhabilitation des établissements de santé pour des communautés de personnes rapatriées, mis en œuvre par l’UNOPS en partenariat avec ONU-Habitat et le ministère de la Santé du Soudan, a permis d’améliorer 19 installations sanitaires du Darfour.

Un troisième projet, visant à restaurer les moyens de subsistance des communautés agricoles et pastorales du Darfour, mis en œuvre par l’UNOPS en partenariat avec l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation internationale du Travail, contribue à promouvoir la paix entre les éleveurs, les agriculteurs et les communautés de personnes rapatriées en améliorant l’accès à l’eau. Vingt barrages souterrains seront construits afin de relever le niveau de l’eau dans des bassins hydrographiques et de contribuer à soulager la pauvreté.


À lire également