The United Nations Office for Project Services (UNOPS)
Déclaration au Conseil des clients de l’UNOPS 2026
Déclaration de Jorge Moreira da Silva, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif de l’UNOPS, devant le Conseil des clients de l’UNOPS 2026, septième réunion annuelle (session ordinaire)
[Seul le texte prononcé fait foi]
Mesdames et messieurs les membres, observateurs et observatrices,
Nous vivons des jours périlleux. Notre monde s’enfonce dans des conflits de plus en plus complexes, l’instabilité et des perturbations climatiques.
Le nombre de conflits violents est à son plus haut depuis la Seconde Guerre mondiale, et un quart de la population mondiale vit dans des zones touchées par des conflits.
Dans le même temps, le système de coopération multilatérale subit lui aussi des pressions sans précédent.
Comme toujours, ce sont les populations civiles qui souffrent le plus, c’est-à-dire des personnes âgées, des enfants ainsi que des femmes et des hommes ordinaires, qui se retrouvent au milieu de conflits qui ne sont pas de leur fait.
La récente escalade au Moyen-Orient découle de plusieurs décennies de conflit, de privation et de stagnation socioéconomique qui ont entraîné de la souffrance, du chagrin et des douleurs immenses et infinis pour les populations.
Dans le territoire palestinien occupé, les chiffres des Nations Unies ont révélé que deux années de guerre avaient effacé plus de deux décennies de progrès en matière de développement.
En Syrie, la quasi-totalité des personnes (plus de 90 pour cent) vit dans la pauvreté et une personne sur quatre est sans emploi.
Au Liban et en Iran, des millions de personnes sont confrontées à une pauvreté croissante dans un contexte difficile déjà aggravé par la recrudescence de la violence.
J’appelle une fois de plus à la cessation de la violence et à ce que la paix l’emporte dans cette région pour le bien des communautés où qu’elles se trouvent.
Même si le monde focalise son attention sur le Moyen-Orient, des crises dévastatrices se poursuivent au Soudan, en Ukraine, en Haïti, au Myanmar, en Afghanistan et ailleurs.
Il ne peut y avoir de développement durable sans paix. Et il ne peut y avoir de paix sans développement durable.
Les conséquences des guerres vont bien au-delà des frontières nationales.
Les perturbations de l’espace aérien et des corridors de transport au Moyen-Orient ont déjà des répercussions sur les opérations humanitaires et les chaînes d’approvisionnement commerciales. Ces perturbations menacent l’acheminement de fournitures de base, risquent de faire monter les prix des denrées alimentaires et accentuent un peu plus la pression sur des systèmes de santé fragiles.
Dans ce contexte, l’UNOPS s’attache à intensifier et à accélérer la fourniture de solutions concrètes. Nos équipes restent présentes et obtiennent des résultats là où les besoins sont les plus grands, en reconstruisant et en réhabilitant des infrastructures civiles, en rétablissant des services essentiels et en aidant des communautés touchées par des crises.
Nous mettons l’accent sur la mise en œuvre, c’est-à-dire obtenir des résultats et apporter des solutions.
En résumé, et s’agissant d’un organisme des Nations Unies, les populations sont au cœur du mandat de l’UNOPS. Dans un climat de méfiance à l’égard du système de coopération multilatérale, il est essentiel d’obtenir des résultats tangibles pour rétablir la confiance.
Permettez-moi de donner quelques exemples récents de notre travail.
À Gaza, nos équipes continuent de fournir et de distribuer du carburant destiné aux activités humanitaires. L’équipe met en œuvre le mécanisme 2720 des Nations Unies visant à accélérer et à gérer la livraison de fournitures humanitaires, facilitant ainsi l’accès humanitaire et la lutte antimines. L’intensification des opérations dépend d’un accès sans entrave au territoire, qui est actuellement contrôlé par l’État d’Israël.
La récente escalade a eu des conséquences immédiates pour Gaza, où les restrictions d’accès ont de nouveau perturbé des chaînes d’approvisionnement et restreint les opérations humanitaires. Après plusieurs jours de fermeture des points de passage, l’UNOPS a pu acheminer du carburant en utilisant le point de passage de Kerem Shalom/Karem Abu Salem le 3 mars. D’autres points de passage, y compris Rafah, demeurent fermés, ce qui a des répercussions sur les évacuations médicales et les opérations humanitaires.
Nos équipes continuent d’intervenir dans des conditions extrêmement dangereuses. Il y a peu, un camion-citerne de l’UNOPS affecté au transport de carburant a été frappé depuis la mer à Gaza. Bien que personne n’ait été blessé, cet incident illustre les risques auxquels le personnel humanitaire est confronté quotidiennement. J’ai demandé à ce qu’une enquête complète soit menée concernant cet incident.
En dehors du Moyen-Orient, l’UNOPS continue d’aider des communautés dans des contextes de crise et de relèvement.
Plus de quatre années se sont désormais écoulées depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. La multiplication des attaques contre les infrastructures civiles continue de perturber l’alimentation en électricité, l’alimentation en eau et le chauffage pendant l’hiver rigoureux. Ces attaques ont touché les populations civiles, y compris des personnes éloignées de la ligne de front, et parmi elles des personnes âgées et des enfants.
L’UNOPS continue de collaborer avec ses partenaires pour contribuer au rétablissement de services. Au cours des quatre dernières années, nos équipes ont aidé à maintenir au chaud les personnes, leurs logements et leurs lieux de travail en fournissant des générateurs et en améliorant les infrastructures. Durant la dernière année écoulée seulement, l’UNOPS a livré pour plus de 45 millions de dollars d’équipements de chauffage, aidant des services municipaux à rétablir des services essentiels pour des centaines de milliers de familles.
En étroite collaboration avec nos partenaires, nos équipes ont facilité l’achat de fournitures médicales, réhabilité des écoles endommagées ou détruites, et remis en état des maisons endommagées.
Au Myanmar, l’UNOPS travaille avec des partenaires pour améliorer la situation en matière de santé, les moyens de subsistance, le développement rural et l’agriculture. L’UNOPS gère certains des plus grands projets de développement dans les domaines des moyens de subsistance, de la santé et de la sécurité alimentaire. À titre d’exemple, l’UNOPS est le récipiendaire principal du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme au Myanmar. Les membres de l’organisation appuient également les activités humanitaires visant à réduire le risque posé par les mines.
Au Soudan du Sud, l’UNOPS travaille avec le gouvernement pour renforcer les capacités institutionnelles et favoriser l’inclusion économique des femmes et des filles. Cette initiative, financée par la Banque mondiale, prévoit la construction de centres communautaires pour femmes, d’un refuge et des nouveaux locaux du ministère de l’Égalité entre les genres, de l’Enfance et de la Protection sociale à Juba.
En Haïti, nous travaillons avec le gouvernement afin de renforcer la sécurité alimentaire dans le cadre d’un projet financé par la Banque mondiale. Cette initiative cible les causes profondes de la faim et de la malnutrition en renforçant des infrastructures d’alimentation en eau, en réhabilitant des routes et en améliorant l’accès aux marchés, en aidant des agriculteurs et des agricultrices à accroître leur production ainsi qu’en améliorant l’approvisionnement en eau et en énergie.
En Türkiye, l’UNOPS travaille avec le gouvernement, ONU Femmes et l’Union européenne pour aider à la construction d’espaces sûrs où les femmes et les enfants peuvent trouver refuge, un soutien et des services, dans des zones touchées par les tremblements de terre de 2023.
En parallèle, nous continuons de proposer des solutions concrètes pour promouvoir la lutte contre les changements climatiques à l’échelle mondiale. Notre travail porte notamment sur la planification et la création d’infrastructures durables et résilientes, la gestion et la promotion d’achats durables, ainsi que la mise en œuvre d’initiatives multipartites visant à renforcer la lutte contre les changements climatiques telles que l’initiative Énergie durable pour tous ou le Réseau de Santiago.
Au total, l’UNOPS contribue à la mise en œuvre de plus d’une douzaine d’initiatives multilatérales, intervenant dans les domaines de la santé et de la nutrition, du développement durable, ainsi que de la lutte contre les changements climatiques et de l’énergie dans plus de 130 pays et territoires.
Bien entendu, ce formidable travail n’aurait pas été possible sans l’appui, la générosité et l’engagement de l’ensemble de nos partenaires.
Merci.
***
Chères représentantes, chers représentants,
Permettez-moi de parler de l’Initiative ONU80.
Mes collègues de l’UNOPS et moi-même avons activement participé à des travaux visant à rendre l’Organisation des Nations Unies plus agile, plus intégrée et mieux équipée pour répondre à des défis mondiaux de plus en plus complexes avec des ressources en baisse.
J’ai été impliqué dans plusieurs aspects de ce processus, y compris la reconfiguration des équipes de pays des Nations Unies.
Dans le cadre de cet examen plus global, l’UNOPS a accueilli favorablement une évaluation qui se poursuit sur les avantages et les inconvénients d’une fusion entre l’UNOPS et le Programme des Nations Unies pour le développement en vue de créer une entité chargée du développement durable.
L’UNOPS n’est pas étranger aux réformes. Au cours des trois dernières années, l’organisation a mené à bien un ensemble complet de réformes pour renforcer la gouvernance, la reddition de comptes et la résilience de l’UNOPS. Ces réformes ont notamment consisté à renforcer la gestion des risques et les contrôles internes, à clarifier des relations de responsabilité et de supervision, à consolider les fonctions déontologie et conformité, ainsi qu’à redonner une importance centrale à la culture organisationnelle. Parallèlement, l’UNOPS a avancé dans des réformes relatives à la planification, à la gestion du rendement et à la transparence, introduisant une approche plus robuste axée sur les résultats et les effets en adéquation avec le mandat opérationnel de l’organisation.
Nous estimons que le modèle de tarification de l’UNOPS reste très pertinent. Depuis plus de 30 ans, nous travaillons avec un vaste éventail de partenaires : dans le système des Nations Unies, mais également des gouvernements, des institutions financières intergouvernementales, internationales et régionales, des fonds verticaux, des entités du secteur privé et des organisations non gouvernementales. Les deux tiers de notre travail se déroulent dans des endroits en situation spéciale ou fragile.
L’UNOPS fournit des services selon un modèle de recouvrement intégral des coûts. L’organisation facture des frais de gestion minimes, d’un peu plus de quatre pour cent en moyenne, afin de couvrir les coûts de supervision et les coûts institutionnels. Ce taux reste l’un des plus bas dans le système des Nations Unies. L’année dernière, l’UNOPS a mis en œuvre des activités d’une valeur totale de 2,7 milliards de dollars dans plus de 130 pays avec seulement 5500 personnes.
Nos partenaires apprécient clairement ce modèle efficace.
Un récent sondage mené auprès de nos partenaires confirme la confiance qui est accordée à l’UNOPS. Dans le cadre de ce sondage, 85 pour cent de nos partenaires se sont déclarés satisfaits, 87 pour cent ont indiqué considérer l’UNOPS comme un partenaire de confiance, et près de 90 pour cent ont indiqué apprécier l’agilité dont l’organisation fait preuve.
Les partenaires soulignent à de nombreuses reprises le professionnalisme des équipes, l’approche axée sur les clients et la capacité à fournir des services de qualité, y compris dans des environnements difficiles. En outre, les partenaires soulignent le caractère économique et la valeur ajoutée de nos services.
Ces résultats témoignent du dévouement du personnel de l’UNOPS, qui travaille sans relâche pour obtenir des résultats au profit des populations et des pays, y compris dans les contextes les plus dangereux.
En ces temps difficiles, l’UNOPS et son modèle d’activité peuvent être plus pertinents que jamais pour favoriser l’efficience, l’efficacité et l’obtention de résultats.
****
Chères représentantes, chers représentants,
Au moment où la valeur de la coopération multilatérale est remise en question, notre responsabilité commune est de montrer que la coopération multilatérale est efficace et permet d’obtenir des résultats pour les personnes qui en ont le plus besoin.
L’UNOPS est prêt à continuer d’aider ses partenaires ainsi qu’à traduire les engagements en résultats tangibles pour les bénéficiaires de ses activités.
Pour conclure, j’attends avec intérêt vos points de vue et je me réjouis de renforcer notre coopération.
Merci.