The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

Une décennie d’action sur les déplacements liés aux catastrophes

Ce mois-ci, la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes célèbre officiellement dix années de promotion de la coopération internationale pour protéger les personnes déplacées dans le contexte de catastrophes et des changements climatiques. Depuis ses débuts et dans son rôle actuel en tant que partenariat mondial, sa mission est plus cruciale que jamais.

  • Header photo © Ab Rashid/UNDP Bangladesh

Chaque année, 30 millions de personnes en moyenne sont forcées de fuir leur foyer en raison de risques naturels liés aux conditions météorologiques tels que les inondations, les tempêtes tropicales et des phénomènes à évolution lente comme l’élévation du niveau de la mer. Ce chiffre devrait encore augmenter à mesure que les effets des changements climatiques accentuent les risques aux quatre coins du monde.

Les déplacements liés aux catastrophes sont un défi extrêmement complexe. Cette question est à l’intersection des cadres politiques et juridiques ainsi que de secteurs d’activité allant de l’action humanitaire à la lutte contre les changements climatiques et la réduction des risques de catastrophe, en passant par les droits humains et le développement durable.

S’agissant d’un mécanisme dirigé par des États, la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes est dans une position idéale pour piloter et promouvoir la coopération multilatérale en vue de faire la liaison entre ces secteurs et renforcer la protection des populations vulnérables.

D’une idée à une plateforme

Qu’est-ce que l’Initiative Nansen ?

Lancée en 2012 par les gouvernements de la Norvège et de la Suisse, l’Initiative Nansen était un processus consultatif dirigé par des États conçu pour combler une lacune importante du droit international concernant la mobilité humaine transfrontière dans des contextes de catastrophes et de changements climatiques. Elle a réussi à bâtir un consensus mondial autour d’un « agenda de protection » pour répondre aux besoins des personnes déplacées par des catastrophes. Aujourd’hui, son successeur, la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes, également dirigée par des États, poursuit son travail vital et ses recommandations.

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Prenant la suite de l’Initiative Nansen, lancée en 2012, et de l’Agenda pour la protection de l’Initiative Nansen, un document historique approuvé par 109 gouvernements en 2015, la Plateforme a été officiellement établie en juillet 2016 pour poursuivre ce travail et aider les parties prenantes à mettre en œuvre l’Agenda. 

Durant les dix années qui ont suivi, le travail de la Plateforme a continué d’évoluer. Son lancement lors du Sommet mondial sur l’action humanitaire de 2016 a acté un changement fondamental pour passer d’une gestion réactive des crises afin d’aller vers la gestion proactive des risques et la préparation. Son lancement a également annoncé une transition du cadre politique et de l’agenda de protection de l’Initiative Nansen vers une initiative multipartite plus concrète visant à promouvoir et à mettre en œuvre la protection sur le terrain.

Le travail crucial de la Plateforme a depuis produit des résultats tangibles, notamment grâce à une série de simulations dans le cadre d’une coopération bilatérale transfrontalière au Costa Rica et au Panama, en Colombie et en Équateur, et en Ouganda et au Kenya.

« Il y avait un vide juridique depuis longtemps dans le droit international que l’Initiative Nansen a été appelée à combler », explique Atle Solberg, chef du secrétariat de la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes, hébergé par l’UNOPS.

Les personnes déplacées dans un autre pays en raison de catastrophes et des effets néfastes des changements climatiques ne remplissent pas les conditions pour obtenir le statut de personne réfugiée. En outre, leur protection est limitée lorsqu’elles arrivent dans d’autres pays, car le droit international des droits humains ne les autorise pas à être reçues ou à rester dans le pays. L’Initiative Nansen et la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes ont contribué à combler cette lacune en matière de protection. »

Atle Solberg - chef du secrétariat de la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes, hébergé par l’UNOPS

Par son travail, la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes a démontré que les pays vulnérables n’ont pas besoin d’attendre des décennies qu’un nouveau traité mondial soit conclu pour la protection de leur population, mais qu’ils peuvent sans attendre établir des accords et des instruments pratiques et souples au niveau national et régional pour protéger les populations qui en ont besoin. 

« Nous avons formé des agentes et agents d’immigration et des gardes-frontières d’urgence pour utiliser les lois locales existantes, les politiques et les visas humanitaires afin de gérer en toute sécurité les flux transfrontaliers. C’était exactement à ce moment que la politique mondiale s’est attaquée à la réalité sur le terrain », explique Atle Solberg.  

En 2018, le travail et les recommandations de la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes et l’Agenda de protection de l’Initiative Nansen ont été expressément cités dans l’objectif 2 du Pacte mondial sur les migrations, marquant une autre avancée diplomatique majeure pour la gestion des déplacements liés aux catastrophes. Le Pacte mondial sur les migrations est le premier document de gouvernance sur les migrations négocié au sein du système des Nations Unies dans lequel la communauté internationale a reconnu que les changements climatiques étaient un facteur central de la migration internationale et s’est engagée à protéger et à aider celles et ceux qui doivent quitter leur pays dans ces contextes.

Plus récemment, la Plateforme a aidé des organisations régionales et des États membres à élaborer des instruments et des outils de politique régionale, notamment le Cadre régional du Pacifique sur la mobilité climatique (2023), la Déclaration et le Plan d’action adoptés au Chili (2024-2034) et la Directive régionale sur la relocalisation planifiée dans le Pacifique (mars 2026).


À horizon 2030, protéger les plus vulnérables

Malgré les difficultés posées par la baisse des financements au niveau mondial pour l’action humanitaire et l’aide au développement ainsi que les pressions sans précédent sur la coopération multilatérale, la Plateforme reste bien placée pour répondre aux défis croissants de la mobilité humaine liée aux catastrophes et aux effets néfastes des changements climatiques. 

Alignée sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030, la stratégie actuelle (2024-2030) de la Plateforme est axée sur trois piliers : renforcer la mise en œuvre des mesures de protection des personnes déplacées au-delà des frontières en contexte de catastrophes, intégrer les défis liés à la mobilité humaine dans la lutte contre les changements climatiques et la réduction des risques de catastrophes, et promouvoir des politiques publiques robustes sur les déplacements internes et la réinstallation planifiée.

« L’Agenda de protection reste aussi pertinent aujourd’hui qu’en 2015. Ce que nous ferons au cours de la prochaine décennie pour intensifier la lutte contre les changements climatiques, réduire les risques et protéger les personnes déplacées déterminera si des millions de personnes pourront trouver la sécurité, la dignité et des solutions lorsqu’elles seront déplacées par des catastrophes et les changements climatiques », explique Atle Solberg.


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