The United Nations Office for Project Services (UNOPS)
Sur la voie de la prospérité
Dans le nord du Mozambique, une initiative menée par les populations locales contribue au développement durable des communautés touchées par le conflit.
Depuis 2017, le conflit qui sévit dans le nord du Mozambique a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, perturbé leurs moyens de subsistance et entravé leur accès aux services de base.
Qu’il s’agisse d’initiatives agricoles ou de projets d’infrastructure visant à améliorer l’accès à l’eau et aux services de base, le Fonds communautaire axé sur la demande, mis en place par l’UNOPS en partenariat avec le Fonds national pour le développement durable du Mozambique, finance des projets locaux qui créent de nouvelles possibilités de subsistance, soutiennent le développement durable et favorisent l’intégration sociale.
Grâce à un processus de planification participative, ce fonds a aidé les populations des provinces de Cabo Delgado, de Nampula et de Niassa à définir leurs propres priorités de développement, en apportant son soutien à plus de 500 initiatives menées par les communautés elles-mêmes. En voici quelques exemples.
Des ponts vers l’avenir
Des ponts vers l’avenir
À Namaweresse, la montée des eaux pendant la saison des pluies isolait souvent plus de 4000 personnes.
Année après année, la rivière empêchait la communauté d’accéder aux débouchés économiques et aux services essentiels.
En l’absence de ponts permettant de traverser en toute sécurité la rivière en crue, les enfants avaient du mal à se rendre à l’école, les agriculteurs et les agricultrices ne pouvaient pas acheminer leurs produits au marché et l’accès aux soins de santé était devenu pratiquement impossible.
Les enfants ne pouvaient pas aller à l’école et en souffraient énormément, car il leur était impossible de traverser la rivière. Lorsqu’une personne âgée tombait malade, elle ne pouvait pas rejoindre l’autre rive. Il est même arrivé que des personnes perdent la vie faute d’avoir pu être conduites à l’hôpital quand la rivière était en crue. »
Les responsables des communautés locales n’ont cessé de souligner que des ponts devaient être construits pour permettre à la population de franchir en toute sécurité la rivière, quelle que soit la saison. Ces ponts seraient la condition préalable à tout le reste : l’éducation, les soins de santé, le commerce et les moyens de subsistance.
Aujourd’hui, les bienfaits des deux ponts construits dans le cadre du projet dirigé par le Fonds communautaire axé sur la demande se font sentir dans tout le village de Namaweresse.
« Maintenant que les ponts sont construits, les véhicules peuvent circuler, les enfants vont à l’école et nos produits peuvent être acheminés depuis les champs », explique Jackson.
Ces ponts sont aussi devenus une véritable bouée de sauvetage en cas d’urgence.
« Désormais, si quelqu’un tombe malade dans le village, il est possible de lui venir rapidement en aide et de l’emmener à l’hôpital », explique Maria Amade, une responsable locale.
Pour les agriculteurs et les agricultrices de Namaweresse, ces ponts ont ouvert de nouvelles perspectives économiques. À présent, leurs récoltes peuvent être acheminées vers les marchés tout au long de l’année, y compris pendant la saison des pluies, période durant laquelle les communautés étaient auparavant isolées.
La rivière ne constitue plus un obstacle à l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux marchés.
« Cela faisait très longtemps que nous réclamions un pont. Nous n’aurions jamais pensé que cela arriverait vraiment. Nous n’en revenons pas et ressentons une grande joie », déclare Maria.
Une prospérité croissante
Une prospérité croissante
À Namuali, des rangées d’oignons verts s’étendent à perte de vue dans les champs. Les agriculteurs et les agricultrices se déplacent entre les cultures, vérifiant les canaux d’irrigation et préparant la prochaine récolte.
Il y a quelques années à peine, une telle scène aurait été difficile à imaginer.
Fortement tributaires des précipitations, les membres de l’association agricole EHORA [It’s Time] disposaient de ressources limitées. La production était modeste et les débouchés rares, et parvenir à générer suffisamment de revenus pour subvenir aux besoins de leurs familles représentait un défi permanent.
L’association a reçu un système d’irrigation par gravité, des semences, des engrais, une pompe à eau, du matériel de transformation, une assistance technique et une formation à de meilleures pratiques agricoles, grâce au financement octroyé par le Fonds communautaire axé sur la demande.
« Grâce à l’appui du projet, notre communauté a appris de meilleures pratiques agricoles, notamment à planter en rangs, à augmenter les rendements et à négocier de meilleurs prix avec les acheteurs », explique Paulina Chuveque, membre de l’association.
N’étant plus entièrement tributaires des pluies saisonnières, les agriculteurs et les agricultrices peuvent maintenant cultiver tout au long de l’année, ce qui renforce la sécurité alimentaire, crée des sources de revenus plus stables et aide la communauté à dépasser le stade de l’agriculture de subsistance.
« Grâce à ce projet, nous avons produit plus de 10 tonnes d’oignons que nous avons pu vendre », explique Júlio Malieque, membre de l’association. « Les techniciennes et les techniciens ont aidé à entrer en contact avec des acheteurs, et nous avons bénéficié d’un accompagnement pour commercialiser nos produits. »
Le prochain objectif de l’association ? Créer un marché local où les membres de la communauté pourront vendre plus facilement leurs produits et renforcer le commerce local.
L’association accompagne également un autre groupe d’agriculteurs et d’agricultrices de la communauté qui développent leur activité, en leur fournissant des semences, des engrais et des pesticides pour accroître leur production agricole.
Ce qui n’était au départ qu’une modeste initiative agricole est devenu une activité florissante qui aide une communauté à passer de la subsistance à la prospérité.
De l’eau potable près de chez soi
De l’eau potable près de chez soi
Pendant des années, la population de Cabaceira Pequena dépendait presque exclusivement du puits Vasco da Gama pour subvenir à ses besoins quotidiens en eau. Chaque matin, avant le lever du soleil, les femmes et les enfants parcouraient de longues distances en portant des seaux et devaient souvent faire la queue pendant de longues heures pour aller chercher de l’eau non traitée.
« Avant, nous devions nous lever très tôt rien que pour aller chercher de l’eau. Aujourd’hui, les points d’eau se trouvent près de chez nous et notre vie a changé », explique Salami Assumane, présidente du comité local de gestion de l’eau.
Les communautés ayant fait de l’accès à l’eau potable leur priorité absolue, le Fonds communautaire axé sur la demande a financé la construction d’un réseau moderne d’approvisionnement en eau.
Le système comprend un forage profond, un château d’eau, trois points d’eau publics et un système de pompage alimenté à l’énergie solaire, qui permettent à plus de 1000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable à proximité de chez elles.
Un comité local de gestion de l’eau, composé de huit femmes et de 12 hommes, a aussi été formé au fonctionnement et à l’entretien du système, renforçant ainsi les capacités locales et favorisant la pérennité du système.
« Ce projet nous a apporté bien plus que de l’eau. Il nous a donné les connaissances indispensables pour gérer notre propre système et la confiance nécessaire pour relever nos propres défis », explique Salami.
Pour 20 litres d’eau collectés, les membres de la communauté versent 2 meticais, soit moins d’un centime. Le comité de gestion de l’eau gère localement les fonds recueillis et utilise cet argent pour entretenir le réseau d’approvisionnement en eau et investir dans des initiatives qui profitent à l’ensemble de la communauté.
Les recettes générées ont servi à financer l’achat d’une moto destinée à faciliter la surveillance des infrastructures hydrauliques, de chaises pour les activités locales et de matériel de nettoyage pour le centre de santé local.
Désormais, les familles passent moins de temps à aller chercher de l’eau, les enfants ont plus de temps à consacrer à leur scolarité, les femmes ont davantage de possibilités d’exercer des activités productives et la communauté a mis en place un système durable qu’elle gère elle-même avec fierté.