The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

Réhabiliter les tourbières, protéger la planète

L’Indonésie compte près de 14 millions d’hectares de tourbières, soit environ 23 pour cent de l’ensemble des tourbières tropicales de la planète. Sous sa forme naturelle, la tourbe tropicale se développe dans des marécages et constitue l’une des manières naturelles les plus efficaces d’éliminer le carbone de l’atmosphère, contribuant ainsi à freiner le réchauffement climatique.

Des solutions inclusives pour répondre à la diversité de nos besoins

Cette étude de cas est tirée du Rapport de développement durable 2019 de l’UNOPS.

Télécharger le rapport

Drainées pendant des décennies pour faire de la place aux plantations de caoutchouc, de pâte à papier et d’huile de palme, ainsi qu’à des tentatives infructueuses de cultiver le riz, de vastes étendues de tourbières sont aujourd’hui à sec. En plus de réduire l’étendue de ces zones marécageuses, le drainage des tourbières continue d’être l’une des principales causes de la déforestation et de la perte de biodiversité.

La tourbe, qui constitue un stade intermédiaire de la formation du charbon, est hautement inflammable. La tourbe séchée prend très vite feu et peut ensuite se consumer sous terre pendant des mois jusqu’à la saison des pluies. Les propriétaires de petites exploitations et les entreprises louant leurs terres à des fins agricoles ont recours au feu pour défricher les terres de manière peu coûteuse en préparation des semis.

Lorsque la tourbe prend feu, elle libère jusqu’a dix fois plus de carbone que les feux de forêt.

Les feux de forêt et de tourbière saisonniers représentent une grave menace pour l’environnement, l’économie et la santé de la population, mettant en péril le développement socio-économique de l’Indonésie. En 2015, les fumées toxiques produites par les feux de tourbe ont conduit à l’hospitalisation de plus d’un demi-million de personnes du fait d’infections respiratoires aiguës. Selon les estimations, les dommages directs et indirects ont coûté 16 milliards de dollars à l’économie nationale indonésienne.

Les incendies, qui ont ravagé 2,6 millions d’hectares de forêts et de tourbières sur les îles de Kalimantan et de Sumatra, ont libéré 1,6 gigatonne de CO2, soit l’équivalent des émissions de CO2 annuelles de pays comme l’Allemagne ou la France.


2,67 millions
d’hectares de tourbières détruites seront réhabilités

Conscient du rôle essentiel des tourbières dans le stockage du carbone, la préservation de la biodiversité, la gestion des ressources en eau et les moyens de subsistance de la population, le gouvernement indonésien a créé l’Agence indonésienne de restauration des tourbières. Cette agence a pour mission de prévenir les incendies, notamment dans des zones de tourbières, et de réhabiliter les 2,6 millions d’hectares de forêts et de tourbières ravagées par les flammes en 2015.

En 2018, grâce au financement du gouvernement de Norvège, l’Agence indonésienne de restauration des tourbières a mis en place un programme de soutien aux activités de réhabilitation, géré par l’UNOPS. L’UNOPS appuie en outre l’agence dans l’élaboration d’un modèle efficace et intégré de restauration des tourbières dans sept provinces prioritaires : Jambi, Riau, Sumatra du Sud, Kalimantan Central, Kalimatan du Sud, Kalimantan occidental et Papouasie.

Le programme vise à réhabiliter les zones marécageuses tout en améliorant l’éducation, en sensibilisant la population, en renforçant les capacités locales et institutionnelles et en favorisant des moyens de subsistance respectueux de l’environnement ayant recours aux ressources déjà présentes dans les régions de tourbières.

23 %
des tourbières tropicales du monde sont en Indonésie

L’UNOPS travaille ainsi en partenariat avec l’Agence indonésienne de restauration des tourbières et l’ONG indonésienne Kemitraan pour soutenir les communautés qui se trouvent aux premières lignes de la réhabilitation et de la préservation des zones marécageuses et jouent donc un rôle essentiel dans la réussite du programme. Le programme aide les autorités des villages à élaborer des plans et des budgets de développement à moyen terme intégrant des activités de restauration des tourbières. Il favorise en outre la coopération entre les villages, l’autonomisation économique, le renforcement des connaissances locales ainsi que l’amélioration de la capacité des communautés à prévenir et à combattre les feux de tourbe.

Akhmad Baihaki, un jeune homme de 21 ans du village de Pulantani, dans la province de Kalimantan du Sud, est le président d’un groupe d’artisanat. Il tresse le purun, une herbe sauvage qui pousse dans les tourbières très humides, afin de fabriquer des objets tels que des tapis ou des sacs. Pour Akhmad et bien d’autres, il est de plus en plus difficile d’assurer leurs moyens de subsistance et de développer l’économie locale, du fait de la conversion des terres de nombreux villages en monocultures.

En plus de soutenir les efforts de réhabilitation dans le village d’Akhmad, le programme de l’Agence indonésienne de restauration des tourbières vient également en aide aux populations locales. Les artisanes et artisans ont par exemple bénéficié d’une formation pour améliorer leurs compétences et les encourager à organiser des réunions régulières à propos de la gestion financière.

« Cette formation m’a apporté des connaissances pour développer le commerce de l’artisanat du purun », affirme Akhmad.

Si elle est bien gérée, notre petite entreprise peut améliorer les revenus des personnes tressant le purun. »

- Akhmad Baihaki

Ce programme n’est qu’une de nombreuses initiatives visant à rétablir les moyens de subsistance en encourageant des activités génératrices de revenus respectueuses de l’environnement, afin de permettre aux communautés de prospérer pendant la réhabilitation des tourbières. Avec le temps, tous ces efforts permettront de limiter les feux de tourbe destructeurs, de protéger la planète et de réduire de manière considérable les émissions de gaz à effet de serre.


À lire également