The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

Faciliter la formation de sages-femmes

Située à l’extrémité est du Ghana, la région de la Volta s’étend des plaines de la côte atlantique aux terres plus arides du nord. Le paysage vaste et varié est caractérisé par des collines ondulantes, des lagunes, des lacs et des forêts, ce qui peut compliquer l’accès aux services de santé, en particulier dans les zones les plus isolées de la région.

L’accès aux soins de santé maternelle et infantile est particulièrement limité, et avec moins de deux infirmières ou sages-femmes pour 1000 personnes dans tout le pays, trouver suffisamment de spécialistes de la santé désirant travailler dans des contextes plus difficiles est un grand défi.

La région de la Volta

Le saviez-vous ?

Des études menées par des groupes interorganisations des Nations Unies ont révélé qu’au niveau mondial, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a diminué de 59 pour cent depuis 1990, tandis que le taux de mortalité maternelle a baissé de 38 pour cent depuis l’an 2000.

Source : data.unicef.org (2019)

La région de la Volta compte 326 établissements de santé pour une population de plus de deux millions de personnes. De nombreuses communautés se trouvent toutefois loin de l’hôpital le plus proche, et la géographie accidentée peut rendre le voyage difficile pour les femmes enceintes sur le point d’accoucher. Même lorsqu’elles parviennent à se rendre jusqu’à l’hôpital, il n’est pas certain qu’elles reçoivent les soins d’une sage-femme. 

Katherine Adigbleku, responsable d’une association de sages-femmes agréées, se souvient de son expérience il y a dix ans à l’hôpital de Keta, l’un des principaux établissements de santé de la région de la Volta : « Notre équipe de sages-femmes travaillait dans de très mauvaises conditions. Nous étions en sous-effectif. Parfois, nous avions à peine trois sages-femmes en service pour la journée. Une travaillait le matin, une l’après-midi et une la nuit. Nous ne pouvions même pas donner des soins de base aux patientes qui arrivaient à l’hôpital. »

« C’était très difficile. Imaginez que vous êtes seule face à un grand nombre de patientes. Qui allez-vous traiter en premier ? Certaines [patientes] manquaient de soins parce qu’il fallait donner la priorité aux cas les plus graves. Nous réclamions davantage de sages-femmes à l’hôpital », déclare-t-elle.

Avec un nombre insuffisant d’infirmières et de sages-femmes au Ghana, la situation décrite par Katherine constitue un problème très répandu dans le pays, qui coûte la vie à de nombreuses femmes et de nombreux enfants.

« En 2016, dans la région de la Volta, le taux de mortalité maternelle était de 175 décès pour 100 000 naissances vivantes […] Nous avons besoin de plus de sages-femmes pour prendre soin des femmes enceintes et leur permettre d’avoir un accouchement sans danger si nous voulons réduire le taux de mortalité maternelle », déclare Rejoice A. Ahetoh, qui travaille en étroite collaboration avec les sages-femmes en formation. 

Dans le but de répondre à certains de ces besoins et de renforcer les efforts nationaux dans ce domaine, un nouveau centre de formation de sages-femmes a été créé dans la municipalité de Keta. Les instituts de santé dans le sud de la région de la Volta bénéficient de la présence de ce centre, qui contribue à améliorer la sûreté, l’efficacité et la qualité des soins de santé maternelle et infantile ainsi que des soins destinés aux femmes en général.

Mortalité Maternelle

Au Ghana, le taux de mortalité maternelle est de 308 décès pour 100 000 naissances vivantes. Le pays est en retard par rapport aux objectifs mondiaux de réduction de la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans et de la mortalité maternelle d’ici 2030, fixés respectivement à moins de 25 décès pour 1000 naissances vivantes et à moins de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Source : data.worldank.org (2017)

L’établissement comprend un bâtiment administratif, des salles de classe, des installations sanitaires, un auditorium, une bibliothèque et des appartements de deux chambres pour héberger le personnel enseignant. Les bâtiments sont également accessibles aux personnes handicapées, notamment grâce à des rampes et des passerelles.

Le centre est entièrement meublé et équipé de matériel informatique et médical. Les travaux ont été réalisés sur un terrain réhabilité à proximité de l’une des plus grandes lagunes du continent, et ont inclus la construction d’un réseau d’alimentation en eau, la mise en place d’installations de production d’énergie et le réaménagement du paysage.

Nous avons tout ce qu’il nous faut pour renforcer nos capacités d’apprentissage en tant que sages-femmes. Nous disposons également d’un laboratoire de formation […] que les étudiantes peuvent utiliser pour s’exercer afin d’acquérir plus de connaissances et de compétences. Dans notre profession, l’expérience s’acquiert avec la pratique. »

Ketevi Francisca - élève du centre de formation

Aujourd’hui, plusieurs centaines d’étudiantes comme Ketevi Francisca fréquentent le centre, qui est considéré comme un précieux complément aux centres de santé de la région.

Des services médicaux pour les communautés rurales

Dans la région du Haut Ghana oriental, de nouveaux équipements permettent d’apporter une assistance médicale à certaines des communautés les plus isolées.

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À propos des projets

L’Agence de coopération internationale de la République de Corée (KOICA) a travaillé en partenariat avec l’UNOPS pour construire et équiper le centre de formation dans la région de la Volta, ainsi que pour l’achat et la distribution d’équipements dans les régions de la Volta et du Haut Ghana oriental.

« Nous sommes déterminés à faire avancer le Ghana vers la réalisation du troisième Objectif de développement durable, et nous croyons en l’importance d’agir rapidement avec des partenaires, comme l’UNOPS, qui peuvent mettre en œuvre de tels projets efficacement », affirme Yukyum Kim, directeur du bureau de l’Agence de coopération internationale de la République de Corée au Ghana.

« La KOICA a choisi l’UNOPS comme partenaire pour les travaux de construction et pour l’achat d’équipements médicaux et non médicaux afin de garantir la qualité du projet, en tirant parti de l’expertise de l’organisation en gestion de projet », ajoute-t-il. 

« L’UNOPS a effectué l’achat des équipements pour le compte de la KOICA. Nous avons reçu des équipements de haute qualité qui ont amélioré nos services de santé […] Nous souhaitons que cette collaboration se poursuive », déclare Edmund Mohammed Nyanwuru Nellic, directeur des services de santé de la municipalité de Bolgatanga. 

La mise en œuvre des deux projets s’est appuyée sur une approche inclusive tout en veillant à ce que les travaux répondent aux besoins spécifiques d’un large éventail de personnes, qu’ils tiennent compte de l’égalité entre les genres et qu’ils permettent aux femmes et aux hommes d’en bénéficier de manière équitable. De plus, les projets ont amélioré les moyens de subsistance de la population en engageant, dans la mesure du possible, une main-d’œuvre, des entreprises et des fournisseurs locaux. La prise en compte du point de vue des communautés a été encouragée à chaque étape du processus de planification et de mise en œuvre pour favoriser l’appropriation locale.


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