The United Nations Office for Project Services (UNOPS)

Construire un système épidémiologique plus solide en Ouzbékistan

La vétusté des infrastructures de santé de l’Ouzbékistan entrave l’identification rapide des maladies infectieuses et d’autres risques sanitaires émergents, ainsi que leur surveillance et la conduite d’interventions précoces.

En Ouzbékistan, les systèmes fragmentés de collecte de données entre les districts, le niveau régional et le niveau national, combinés à la soumission manuelle de rapports et à la circulation peu rapide des données, font qu’il est difficile pour les spécialistes d’avoir une vision d’ensemble de la situation sanitaire en temps réel.

« Par le passé, nous devions recueillir des informations auprès de différentes sources et les rassembler nous-mêmes. Cela pouvait prendre du temps de comprendre la situation dans son ensemble », explique Nodira Khojinazarova, assistante épidémiologiste.

En outre, de nombreux établissements de santé et d’épidémiologie, qu’il s’agisse de laboratoires nationaux, de centres régionaux ou de départements locaux, se trouvaient dans des installations non conformes aux normes modernes de biosécurité. Beaucoup n’avaient pas d’accès fiable à l’électricité, à l’eau et au chauffage, ce qui avait des conséquences sur la capacité de ces laboratoires à détecter rapidement et en toute sécurité les maladies infectieuses, ainsi qu’à y faire face.

Avec le soutien de l’UNOPS et le financement de la Banque asiatique de développement ainsi que de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, le gouvernement ouzbek modernise des infrastructures sanitaires physiques et numériques essentielles.

Des installations d’épidémiologie modernes

À la suite d’une évaluation nationale, 45 sites prioritaires – dont des départements du Comité sanitaire et épidémiologique au niveau régional, des districts et municipal, des centres de lutte contre le sida, des hôpitaux spécialisés dans les maladies infectieuses et des instituts de recherche – ont été sélectionnés pour être rénovés ou bénéficier de nouvelles constructions. Chaque site est développé conformément aux normes internationales en matière de qualité, de sécurité et de gestion environnementale.

Le Comité sanitaire et épidémiologique régional de Boukhara est l’un des sites sélectionnés. Ses laboratoires existants de virologie, de parasitologie et de bactériologie ont été modernisés, ce qui a permis d’améliorer les conditions de travail et les opérations. En outre, un nouveau bâtiment de trois étages abritant des laboratoires spécialisés pour les infections particulièrement dangereuses, la radiologie ainsi que les analyses sanitaires et hygiéniques a été construit.

« Maintenant, notre laboratoire est organisé d’une manière qui soutient vraiment notre travail. Tout est clairement structuré, et nous pouvons nous concentrer entièrement sur l’établissement de diagnostics précis et la manipulation sûre des échantillons », explique Anora Baranova, bactériologiste au laboratoire des pathogènes à haut risque du Comité sanitaire et épidémiologique régional de Boukhara.

Des rampes et des ascenseurs accessibles en fauteuil roulant ont également été installés, ce qui permet aux personnes handicapées de se déplacer confortablement dans les bâtiments.

Au Centre régional de lutte contre le sida de Fergana, des laboratoires modernisés soutiennent des opérations quotidiennes plus fiables.

« Travailler dans un laboratoire moderne est beaucoup plus confortable, et il est désormais plus facile de manipuler les échantillons et de travailler de façon fluide tout au long de la journée », explique Sevara Solieva, technicienne de laboratoire au Centre régional de lutte contre le sida de Fergana.

Grâce à ces laboratoires modernes, il n’est plus nécessaire de parcourir de longues distances pour accéder aux services de diagnostic. Les maladies peuvent être détectées plus tôt et les services de santé peuvent réagir plus rapidement afin de les empêcher de se propager davantage.

Amélioration du partage des données sur les maladies infectieuses

Outre la rénovation et la construction de nouveaux laboratoires, un nouveau système d’information pour la surveillance épidémiologique des maladies infectieuses a également été mis au point dans le cadre d’efforts plus vastes visant à moderniser le réseau des services sanitaires et épidémiologiques.

Le système rassemble les données de l’ensemble du pays sur une plateforme unique, remplaçant ainsi les processus manuels et sur papier par un suivi et une présentation de rapports numériques en temps réel.

Les épidémiologistes peuvent désormais identifier les tendances et les flambées potentielles plus tôt, tandis que les interventions peuvent être mieux coordonnées entre les différentes régions, ce qui renforce le niveau de préparation global du pays aux maladies infectieuses.

Avant, lorsqu’il y avait une épidémie, les informations pouvaient mettre du temps à nous parvenir. Nous travaillions souvent avec des retards. Désormais, les notifications arrivent directement dans le système, et nous pouvons réagir beaucoup plus rapidement lorsqu’il s’agit de maladies infectieuses. »

Viloyat Gapirova - directrice du Département d’épidémiologie et d’immunoprophylaxie

Les spécialistes suivent une formation pour utiliser le système dans leur travail quotidien, de la saisie des données à l’analyse et à la prise de décisions. Le système est en cours de déploiement dans les institutions aux niveaux national, régional et des districts, ce qui permettra de connecter l’ensemble du réseau.

Ce travail s’inscrit dans le cadre d’un investissement plus large de 3,5 millions de dollars axé sur la transformation numérique. Jusqu’à présent, 145 installations ont été équipées d’infrastructures informatiques, et plus de 5600 ordinateurs ainsi que du matériel connexe et d’autres équipements ont été livrés.

Un système d’information pour les laboratoires est également en cours d’élaboration. Actuellement dans sa phase pilote, il aidera les laboratoires à gérer et à partager plus efficacement les résultats des tests, et viendra ainsi compléter le système plus large de surveillance épidémiologique.

À propos du projet

Ce projet est mis en œuvre par l’UNOPS dans le cadre des interventions d’urgence de l’Ouzbékistan pour lutter contre la COVID-19. Financé par des prêts de la Banque asiatique de développement et de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures au gouvernement de l’Ouzbékistan, le projet dispose d’un budget total de plus de 160 millions de dollars.

L’UNOPS aide le ministère de la Santé à améliorer le système de santé du pays en fournissant du matériel médical de pointe, en rénovant et modernisant des installations sanitaires existantes et en en construisant de nouvelles, ainsi qu’en formant des membres du personnel de santé.

Objectif mondial soutenu grâce à cette initiative :


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